Les dialogues : grammaire, syntaxe et typographie

Les dialogues : grammaire, syntaxe et typogrphie

Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler un peu de grammaire !

Ça fait longtemps que je ne vous ai pas fait d'article "fiches techniques" pour vous donner des conseils d'écriture !

Je vous avoue que la mise en page des dialogues, leur typographie, leur grammaire, etc. m'ont donné pas mal de fil à retordre pendant l'écriture et la correction (ou plutôt les corrections) de mon roman. Et comme je suis certaine que c'est une galère sans nom pour beaucoup, je voulais faire un petit article pense-bête à ce sujet.
C'est pourquoi l'article du jour vous est destiné autant qu'à moi ! wink

Vous l'aurez compris, il ne s'agira pas aujourd'hui d'astuces de style, mais bien de grammaire pure et dure. Alors, pour ceux qui n'aiment pas ça, je vous conseille de déjà préparer l'aspirine ! wink

Le discours rapporté direct

Ça, c'est le terme technique utilisé dans les manuels de grammaire pour désigner un dialogue. Mais concrètement, ça veut dire quoi ?

Un discours consiste en un usage individuel de la langue, par lequel un individu exprime sa pensée.
Un discours rapporté est un discours tenu par un locuteur qui rapporte le discours de quelqu'un d'autre.
Un discours rapporté direct est une citation de paroles prononcées par un locuteur sans les modifier.

Dans le cas d'un récit, les dialogues — reprenons des termes plus triviaux — sont considérés comme des discours rapportés directs puisqu'il s'agit du narrateur qui rapporte un discours qui s'est passé avant le moment où il raconte l'histoire, c'est-à-dire le moment de la lecture.

Le dialogue possède des caractéristiques précises :

  • il est encadré par une typographie particlière (v. point suivant).
  • les marques d'énonciations sont celles du discours d'origine, et non celles du textes qui rapporte ce discours

Les marques d'énonciation sont des expressions qui renvoient à la situation d'énonciation, c'est-à-dire la situation concrète dans laquelle un discours est énoncé. Les marques d'énonciation sont :

  • les déictiques : les pronoms personnels (je, tu, nous et vous), les déterminants possessifs (mon, le tien, les vôtres,...) les indications spatio-temporelles (hier, demain, ici, là,..), les déterminants et pronoms démonstratifs et l'article défini quand ils visent un objet présent dans la situation de l'énonciation (celui-là, ceci, la,...) et le temps des verbes (le temps dépend du moment d'énonciation) ;
  • les termes subjectifs qui traduisent les pensées, les émotions et/ou les ressentis du locuteur (magnifique, effrayant, le chef-d'oeuvre, la croûte, aïe !,...) ;
  • les modalisateurs qui marquent le degré d'adhésion du locuteur à ce qu'il dit (sans doute, peut-être, je prétends, je crois,...) ;
  • le choix du type de phrase indique le point de vue du locuteur, il existe 4 types de phrases : déclarative, interrogative, injonctive et exclamative.

La ponctuation

Le dialogue est caractérisé par une ponctuation qui lui est propre :

  • il s'ouvre avec un guillemet ouvrant «
  • il se ferme avec un guillemet fermant »
  • chaque réplique est précédée d'un tiret cadratin
  • dans le cas d'un passage à la ligne lors d'une longue réplique, le nouveau paragraphe commence par un guillemet traditionnellement fermant, mais l'usage moderne permet d'utiliser un guillemet ouvrant.

Le guillemet ouvrant marque la première réplique qui ne demande, dès lors, pas de tiret. Ce qui donne :
« Salut !
— Salut ! Ça va ?
— Ça va et toi ?
— Il m'est arrivé un truc de dingue, tu me croiras jamais ! Laisse-moi te raconter. Hier, quand j'ai [...].
« Et puis, il est arrivé et [...]. Voilà ! Tu sais tout !
— C'est une sacrée histoire ! »

Un petit bonus, voici les alt-codes pour ces différents signes de ponctuation :
— alt+0151
« alt+0171
» alt+0187

Les incises

La proposition incise est une proposition insérée qui permet d'indiquer que l'on rapporte les paroles ou les pensées de quelqu'un. Typiquement, ce sont les pensa-t-il, déclarai-je,...
Elle sert à introduire le verbe de communication ou de pensée. Elle peut être :

  • placée avant la réplique
    En regardant l'azur, il précisa : « Le ciel est gris. Il va bientôt pleuvoir. »
  • placée après la réplique
    « Le ciel est gris. Il va bientôt pleuvoir », précisa-t-il en regardant l'azur.
  • insérée dans la réplique
    « Le ciel est gris, précisa-t-il en regardant l'azur, Il va bientôt pleuvoir. »

La proposition incise présente les caractéristiques suivantes :

  • elle comporte un verbe de communication ou de pensée ;
  • elle a un sujet inversé ;
  • la proposition dans laquelle elle est insérée équivaut souvent à son COD ;
  • elle n'est introduite par aucun mot de liaison ;
  • elle est nettement détachée par la ponctuation (virgules, tirets, parenthèses).

Inutile de vous dire que ce sont les incises insérées qui sont les plus difficiles à gérer... et ce sont celles que je préfère... frown Voici quelques petits trucs à savoir à propos des incises insérées :

  • elles sont toujours encadrées de virgules ;
  • la suite de la réplique, après l'incise, doit commencer par une majuscule s'il s'agit d'une nouvelle phrase, s'il s'agit de la continuité de la première phrase, ce doit être une minuscule ;
  • lorsqu'elle est faible (verbe + sujet + complément éventuellement), l'incise reste à l'intérieur des guillemets etencadrée par deux virgules ;
  • lorsqu'elle est forte (verbe + sujet + proposition), l'incise est en-dehors des guillemets ;
  • le premier mot de l'incise ne prend pas de majuscule ;
  • si l'incise se termine par un double point, elle est placée en-dehors des guillemets.

Voilà ! C'est fini ! Vous pouvez prendre vos aspirines wink

J'espère que cet article vous sera utile autant qu'à moi. Si vous avez des questions, comme d'habitude, n'hésitez pas !

Commentaires

Merci pour ce rafraîchissement ! 

Pour ma part je n'utilise que des tirets cadratin. Je me suis toujours demandée si c'était juste et si ça se faisait...? Au début j'utilisais la façon guillemets-tirets traditionnelle, mais pour une raison que je ne me rappelle plus j'ai changé. C'est plus facile de gérer les dialogues quand ils fusent hors de mon esprit que de m'arrêter une seconde et penser : ah ! faut que j'mette un guillemet avant de lancer ma punchline de la mort !! *met le guillemet* ... c'était quoi ma punchline déjà ?!" Mais ça c'est plus par flemme et manque de concentration, je l'avoue. ^^

Pour les dialogues, ce sont des cadratins qu'il faut et pas autre chose wink

Je t'avoue que pendant l'écriture à proprement parler, je ne fais absolument pas attention à ce genre de chose, c'est vraiment à la correction que je regarde tout ça wink

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