Régression (Les Fauves 1) de Manon Toulemont

Régression (Les Fauves 1) de Manon Toulemont
Titre : 
Régression (Les Fauves 1)
Auteur-e : 
Manon Toulemont
Genre(s) : 
Science-Fiction, Anticipation, Dystopie
Éditeur : 
Auto-édition
Date de parution : 
19/02/2016
Ma note : 
9/10
Résumé - Quatrième de couverture : 

Dans un futur plus proche qu’on ne le croit, l’humanité se trouve divisée en deux.
D’un côté, les individus civilisés mènent une existence confortable au sein de mégalopoles ultramodernes et surprotégées. Les règles y sont strictes, les sanctions sévères. Vivant en autarcie, totalement isolés d’une nature qu’ils ne comprennent plus et craignent par-dessus tout, ces citoyens sont les dignes représentants d’Homo sapiens industrialis. Mais à l’Extérieur, loin des ordinateurs, des aliments biosynthétiques et des machines survoltées, certains hommes sont retournés à l’état de bêtes : on les appelle « Fauves ». Criminels de sang et autres personnalités peu recommandables, exilés de la société pour leurs méfaits, peuplent les territoires sauvages à l’écart des villes. Ici nulle loi ne subsiste, si ce n’est celle du plus fort ou du plus rusé.
Nathaniel Darseau, riche et brillant étudiant de la capitale Oxalis, ne semble guère destiné à rejoindre cet enfer. Aucun instinct primitif n’anime ce jeune homme conditionné par une société résolument pacifiste. Il faudrait un incroyable concours de circonstances, une diabolique conspiration, une malchance inouïe pour entraîner notre héros dans cette spirale de violence et de mort…

Mon avis : 

Dans un futur pas si loin de nous, tout a été détruit par l'humanité : le climat s'est déréglé, les écosystèmes ont été chamboulés, de nombreuses espèces ont disparu, la mer a gagné du terrain,... L'homo sapiens industrialis a été forcé de trouver refuge dans des cités aseptisées protégées de l'Extérieur par des dômes constitués d'écrans qui dissimulent la réalité du "dehors" aux citoyens en projetant des images de paysages apaisants.
Dans l'une de ces cités, Oxalis, Nathaniel, un brillant étudiant en sociologie, va se retrouver au cœur d'une sale affaire qui le fera devenir l'un des "Fauves". Ces criminels à la gueule tatouée et exilés à l'Extérieur pour le bien de la communauté doivent vivre selon les lois de la nature pour survivre dans un environnement cruel.

Tout d'abord, je voudrais dire un tout tout tout grand merci à Manon Toulemont, l'auteur, pour sa confiance, car elle m'a gentiment envoyé son roman. C'était également une grande première pour moi, puisque j'ai aveuglément accepté de lire son petit dernier sans même savoir de quoi il parlait ! Je savais qu'il était question d'un héros du nom de Nathaniel et qu'il y avait une histoire en rapport avec des gros chats. Biggrin

Et je n'ai pas été déçue du tout ! Même si celui-ci n'a pas été un coup de cœur comme Hoodoo l'a été, il n'en reste pas moins un excellent roman pour autant !

Le style est, encore une fois, une pure merveille : il est immersif, fluide et sans pitié pour le lecteur... et pour les personnages. J'aime cette plume acérée comme les griffes de ses Fauves qui nous plonge au plus profond du cœur de ces personnages et qui nous fait vibrer au gré des rebondissements sans nous ménager.

L'intrigue de ce roman est captivante. Le récit se découpe en trois parties dont une, la première, se déroule à Oxalis, la cité sous le dôme. Les deux autres se déroulent à l'Extérieur, dans la "nature", ou ce qu'il en reste. J'ai particulièrement aimé ces deux parties-là qui transforment l'histoire en récit de survie et les personnages en bêtes sauvages. Par la manière dont elles étaient écrites, elles m'ont beaucoup rappelé les documentaires animaliers. Et connaissant la passion de l'auteur pour ces films, je gage que cet effet était voulu !
De plus, à une époque où les humains sont censés avoir évolués en une nouvelle espèce, l'homo sapiens industrialis et, de ce fait, s'être un peu plus éloignés de leur animalité, on se retrouve avec des personnages obligés de retrouver leurs instincts les plus primaires pour subsister.

Les personnages sont très bien développés. Chacun a une personnalité particulière dont les traits principaux correspondent au caractère de leur Fauve "totem". J'ai d'ailleurs beaucoup aimé ce principe : classer les criminels par type et chacun d'eux correspond à l'un des quatre grands fauves (lion, léopard, tigre ou guépard). On sent qu'une belle recherche documentaire a été faite sur le sujet, même si je soupçonne Manon Toulemont de connaître ces animaux sur le bout des doigts et que ce roman découle de ses recherches et non l'inverse.
J'ai beaucoup apprécié le caractère froid et pragmatique de Vincent. Le héros a, quant à lui, un côté précieux que je trouve hilarant et qui le met parfois souvent dans des situations "délicates".

L'univers développé est captivant. Même si le cadre dystopique (une société parfaite pas si parfaite que ça) est assez "classique" : eugénisme, séparation de la population des plus riches aux plus pauvres, contrôle psychologique des citoyens, etc. toute la partie traitant de la manière de régler et réguler la criminalité est très originale, à mon sens. J'aime beaucoup les explications à propos des centres pénitenciers et, tout ce qui touche aux Fauves particulièrement qui est réellement un gros morceau et qui est très bien pensé.

Le seul bémol que j'ai trouvé à ce roman, c'est que je suis restée sur ma faim, justement, avec les Fauves : je suis sortie de ce récit avec beaucoup de questions et très peu de réponses. Même si je pense que c'était le but de l'auteur de piquer notre curiosité.

En bref, c'est un roman qui pourrait nous faire nous demander si nous avons réellement progresser au cours de notre évolution ou si, au contraire, nous sommes plutôt parti vers une régression. Ce fut une lecture plus qu'excellente que je recommande à tout ceux qui aiment les dystopies et les histoires de survie. J'attends la suite avec impatience !

Où l'acheter ? : 

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