10 clichés en Fantasy

10 clichés en Fantasy

Aujourd'hui, je voudrais vous parler de 10 clichés que l'on trouve encore trop souvent à mon goût dans lest romans de fantasy.

J'aimerais donc évoquer avec vous des poncifs de la littérature fantasy, des copies d'idées premières tellement reprises avec plus ou moins d'originalité que c'en est lassant de les croiser. Je vais également vous donner des idées pour contourner ces clichés ou pour les utiliser de manière plus innovante.

En revanche, je ne parlerai pas des clichés sexistes, ethniques, morphologiques et autres qui tournent énormément en ce moment. Ces clichés-là résultent plus, à mon sens, du conditionnement ethnocentré et commercial que nous subissons tous les jours de la part des lobbys et des médias. Mais ceci est une autre histoire... Wink
Toutefois, si vous souhaitez que j'en fasse un article, n'hésitez pas à me le dire en commentaire !

Je vous conseille également l'excellente conférence à propos de la discrimination ethnique et culturelle dans la fantasy menée par Valérie Lawson.


Avant de commencer, il me semble important de rappeler la différence entre un critère et un cliché, parce que ce n'est pas la même chose, même s'il s'agit de deux éléments récurrents.
Un critère est un principe, un élément de référence qui permet de juger, d'estimer, de définir quelque chose. Dans le cas d'un genre littéraire, il faut qu'une œuvre réunisse un certains nombres de critères pour être classée dans l'un de ces genres. Les critères principaux de la fantasy sont la présence magie, l'absence de doute pour le lecteur de l'existence de cette magie et la capacité à faire rêver, voyager le lecteur.
Un cliché est une formule rabâchée tellement de fois qu'elle en a perdu toute originalité. Bien souvent, les clichés lassent et les lecteurs se détournent de ces récits qui racontent sans cesse la même histoire.

1. Les prophéties et les élus

Combien de fois n'a-t-on pas croisé un résumé qui commence par « Machin est fermier dans le village perdu de Truc. Pourtant un destin fabuleux l'attend car il est l'Élu — avec une majuscule, s'il vous plaît — de l'antique Prophétie de Bazarbrol et doit sauver le Monde. » ?
Cette phrase est un condensé d'une bonne partie des clichés que l'on peut trouver en fantasy, à savoir :

  • Machin est un garçon. Mais j'avais dit que je ne parlerais pas des clichés sexistes, alors passons.
  • Il est fermier. Ce n'est pas un forgeron, un prince, un soldat émérite ou que sais-je. Dans tous les cas, c'est un garçon de rien qui, au fil du récit, devra gravir les échelons.
  • La Prophétie — re-majuscule — est "antique". Elle n'a pas 10 ans, 15 ans, 100 ans, non, elle est antique.
  • L'Élu doit sauver le monde... rien que ça.

Je vous avoue que, neuf fois sur dix, quand je croise les mots élu et prophétie, je repose illico le bouquin dans le rayonnage. En général, les prophéties et les prédictions annoncent toujours la même chose : l'arrivée d'une personne (en général un adolescent mâle) qui doit sauver le monde... Quand on se retrouve face à des résumés comme celui dont je vous ai parlé plus haut, le récit n'annonce pas beaucoup d'originalité : on sait qu'on va se retrouver dans ce que Joseph Campbell appelle la quête initiatique et, en général, on se retrouve avec une histoire qui suit parfaitement, étape par étape, le résumé simplifié qu'en a fait Christopher Vogler. Du coup, au bout de deux ou trois chapitres, on sait déjà comment ça va se finir, qui va mourir, les épreuves que le héros va traverser, etc.

Je crois que je n'aime pas du tout les prophéties... Biggrin

Ce que je vous propose pour changer ça : pour commencer, au lieu de parler de l'avènement d'un héros, pourquoi ne pas plutôt raconter le réveil d'une puissance maléfique ? Sans parler d'un élu qui contrecarrerait les plans des méchants.
J'ai croisé dans plusieurs romans des manières intéressantes de gérer les prophéties. Par exemple, dans la série Le Marais des Sauryls de Danielle Gourbeault-Petrus, les prédictions ne sont comprises par les héros qu'une fois les faits accomplis. Dans ce romans, les protagonistes sont hantés par des préjugés qui les mettent sur de fausses pistes ce qui a pour conséquence qu'ils interprètent mal les prophéties qui leur sont livrées. J'ai adoré cette idée.

Je pourrais vous citer également le premier tome de La Voie des Oracles d'Estelle Faye dans lequel l'héroïne elle-même est une devineresse et voit l'avenir de l'histoire. Mais c'est traité avec tellement d'ingéniosité qu'on ne comprend pas ce qu'elle voit et que lorsque le lecteur arrive au passage prophétisé, il ne se doute de rien ou presque.
Ou encore Harry Potter, dans lequel la prophétie arrive dans l'histoire presque comme un cheveux sur la soupe.

Il y a également les prophéties des tragédies grecques : les personnages font tout pour échapper à leur destin, mais ce dernier finit toujours par les rattraper.

2. Les univers médiévaux européens

Malgré l'abondance de roman medfan, très peu de ces derniers se déroulent dans un univers qui ne soit pas inspiré du Moyen-Âge européen. Les vêtements, l'ordre social, les châteaux, les armes, etc. sont basés sur cette période du Vieux Continent.
Les noms également sont très souvent choisis dans un registre européen/germanique ou alors dans un registre phonétique très proche à celui des noms elfiques de Tolkien.

Et là, je me jette la pierre à moi-même, puisque j'ai plongé tête baissé dans ce cliché. Presque... puisque j'ai également des nations plus "arabisées" et "asiatisées". Mais c'est vrai que sur le blog, je ne traite principalement que du Moyen-Âge européen, n’effleurant que très rarement les autres continents et les autres périodes. Je vous promets de changer cela à l'avenir !

En attendant, pour résoudre ce point, je vous conseillerais de réfléchir aux autres cultures qui vous intéressent et de voir si vous ne pouvez pas les inclure dans votre roman ou dans un projet futur. Tentez de considérer également des choix qui vous paraîtraient incongrus au premier abord, comme placer votre roman au cœur de la forêt amazonienne. Peut-être que cela vous donnerait des idées.

Il en va également de même pour le noms : n'hésitez pas à explorer d'autres registres phonétiques comme l'hébreu, l'arabe, le japonais ou encore le grec.

3. Les vieux barbus qui savent tout

La figure du Merlin est un personnage souvent incontournable de la fantasy. Quand je parle de Merlin, j'entends par là, les personnages qui ont le le rôle de mentor sage et puissant qui guide le héros sur le chemin de la raison et du courage, etc.. Ce sont des Gandalf, des Brom, des Dumbledore, des Morpheus, des Iroh, etc. Hormis le fait que Morpheus ne soit ni vieux, ni barbu, ils ont tous le même rôle et sont presque tous des copies conformes les uns des autres, aussi bien par leur physique que par leur caractère.

Pour éviter les stéréotypes du Merlin, vous pouvez, soit le rendre faillible : très souvent, on ne leur connait pas de véritables défauts et ils sont toujours très affables, souriant gentiment aux bêtises du héros. Donnez-leur des défauts, des vrais. N'hésitez pas non plus à ne pas les rendre tout puissant, donnez-leur des faiblesses, des maladies, etc.
Ne les faites pas mourir non plus, ça changera Wink

4. Personne ne veut jamais être archer

A part Legolas et Katniss Everdeen (et encore, Hunger Games n'est pas de la Fantasy...), citez-moi, au moins, un personnage principal de roman qui manie l'arc comme arme principale ? (N'hésitez pas à me les citer en commentaire Wink )

Je suis persuadée que vous galérez autant que moi à en trouver ! C'est vrai qu'il y a souvent un personnage d'arrière-plan qui manie l'arc, mais le plus souvent, les archers n'ont pas la part belle dans les romans de fantasy. Ils sont rarement le personnage principal, le mentor ou le héros. Ces personnages-là manient le plus souvent l'épée ou la hache.

Quand je vois Katniss ou Legolas ou Lars Andersen (je vous invite à regarder la vidéo en dessous), je me dis que les archers sont tout de même pas mal balèzes et qu'on devrait en mettre plus dans les romans !


5. Il n'y en a que pour les épées, les haches et les arcs

Là, je pense que tout est dans le titre. J'ai, effectivement, rarement croisé autre chose que des épées, des haches et des arcs... Parfois on croise des marteaux... C'est justement pour changer que mes personnages principaux se battent avec des dagues, un luth, un bâton et des doubles sabres ! Biggrin

Pour remédier à ce cliché de voir toujours les mêmes armes, j'ai justement créé une série d'articles pour nous faire découvrir — oui, je dis bien "nous", parce que je découvre aussi beaucoup de choses en me documentant pour rédiger mes articles — plusieurs types d'armes différentes et ainsi ouvrir nos horizons à d'autres possibilités. Si vous êtes curieux et que vous n'avez pas encore lire ces articles, les voici : Les épées, Les sabres et Les armes spéciales. La semaine prochaine, on parle des armes de jet et de traits Wink

6. On ne voit que des monarchies

Ce point-ci rejoint un peu le point 2 : les régimes mis en place dans les récits medfan sont souvent des monarchies, rarement des empires, presque jamais des républiques.

Pourtant il existe tellement d'autres régimes politiques : des technocraties, des ploutocracies, des théocraties, etc.
Pour vous donner un exemple, dans mon roman, j'ai, entre autre, une république, une technocratie et une confédération.

7. Les elfes, les humains, les dragons, les nains et toutes leurs variantes

Alors qu'il existe pléthore de créatures fantastiques, légendaires ou mythiques, on ne se cantonnera toujours, ou presque, qu'aux mêmes : les humains, les elfes et les dragons. Exit les dryades, faunes, korrigans, etc. Très peu de romans medfan parlent d'autres créatures que de celles-ci. D'ailleurs, je n'en connais qu'un : la duologie Abyme de Mathieu Gaborit où le personnage principal est un farfadet. Ensuite, si on sort de la medfan, on tombe vite dans la bit-lit pour se retrouver coincer entre des loups-garous et des vampires. A la rigueur, il y a la steampunk fantasy qui remet beaucoup les créatures féériques au goût du jour.
Je plaide d'ailleurs coupable pour ce point-là également. Mais je l'assume parfaitement et c'est, d'ailleurs, intentionnel de ma part Wink

Pour remédier à cela, je pense qu'il nous faut passer outre nos habitudes, d'abord, puis nous informer et faire fonctionner notre imagination pour trouver des idées. Et je ne doute pas que nous y arriverions !

8. Une absence totale de science

Je vous vois venir : « Oui mais t'avais dit dans ton article à propos de la différentiation des genres de l'Imaginaire que dans la Fantasy, il n'y avait pas de science et que de la magie. »
Oui ! Mais non... Bien entendu, il faut tout remettre dans le contexte : ce que j'entends par science ici, ce ne sont pas des calculs de physique théorique pour tenter de résoudre l'incertitude d'Heisenberg, mais simplement un peu de trigonométrie et de géométrie pour construire des maisons droites et de l'algèbre pour faire sa comptabilité. Un peu de chimie pour faire de la bière et du vin et, pourquoi pas, un peu d'alchimie. Et de la biologie, de la médecine, de l'astronomie, etc. Des bribes, pas grand-chose, juste ce qu'il faut pour ne pas oublier que votre monde ne repose pas totalement sur la magie.

Ensuite, la science et la magie ne sont pas incompatibles. Quand les deux se mélangent, cela s'appelle de la Science-Fantasy.

Donc voilà, pourquoi n'incorporerait-on pas un géomètre, un architecte ou un biologiste dans un roman medfan ? Une idée à creuser, je vous le dis !

9. ... et de technologie

Il en va de même que pour le point précédent : par technologie j'entends l'ensemble des outils et des matériels utilisés dans l'artisanat et l'industrie. Donc pas les smartphones, laptop et autres, mais bien les meules, marteaux, burins, tours de potier, etc. Même si on ne considère que le Moyen-Âge européen, il y avait énormément d’inventions techniques et d'outillages dont on n'entend que très rarement parler.

Ensuite, il y a également les outils dits "technomagiques", c'est-à-dire des objets pensés, étudiés et fabriqué dans le but de manipuler la magie : les baguettes magiques, les portails asuras dans l'univers Guild Wars, le miroir magique de la belle-mère de Blanche Neige, Excalibur, Mjöllnir, etc.

Les aspects technologiques et technomagiques des mondes que nous croisons et créons sont souvent limités aux mêmes outils et instruments, je pense que nous pourrions faire mieux !

10. Il doit y avoir une quête

Ne vous méprenez pas : j'adore ça ! Mais pourquoi les romans de fantasy ne devraient toujours se centrer que sur une seule quête ? Doit-il toujours y avoir un personnage ou un groupe de personnages qui doit voyager accomplir une action héroïque (qui, le plus souvent est de sauver le monde... ou se venger) ?

Je pense qu'on pourrait trouver mieux que ça : rendre les quêtes plus complexes, entrecroiser les fils de plusieurs intrigues,...


J'aimerais conclure en disant que je ne généralise pas ! Tous les romans de fantasy ne sont pas comme ça, bien évidemment ! Il s'agit seulement des clichés que l'on croise souvent et j'avais envie de vous faire part de mon point de vue et peut-être vous faire vous rendre compte que certains clichés se retrouvent dans votre roman et qu'il est encore temps de les adapter... ou pas ! Wink
Je pense que c'est bien de rester dans les sentiers battus en apportant sa touche personnelle d'originalité, mais je pense aussi qu'un brin de folie, qu'un vent de changement pourrait être très agréable de temps en temps Wink

Comme d'habitude, n'hésitez pas à me donner votre avis à propos de ces différents points, si certains se trouvent dans votre romans ou pas, comment vous les avez détournés ou évités, etc.

Commentaires

Moi j'ai un perso qui se bat avec une pelle :D (bien aiguisée)

C'est original ! Lol

Article très intéressant !

Je suis assez d'accord avec toi, mais pas sur tout :P Et comme j'aime bien les listes, je vais te faire une réponse point par point ;)

1. La présence d'une prophétie ne me dérange pas, en général. Dans beaucoup de livres que j'ai lus,ça m'a même beaucoup plu.Dans le Cycle Drenaï, il y a une très ancienne prophétie, qui a été à l'origine de plusieurs conflits. Au final, il s'est avéré qu'elle avait été transmisse de façon incomplète et donc mal interprétée. Dans l'Épée de Vérité, les prophéties ont toutes un sens caché et servent beaucoup au combat intérieur des personnages (doivent-ils prendre en compte la prophétie dans leurs actions ou non). Dans Cavalier Vert, les prophéties sur l'héroïne sont tellement vagues qu'on peut les interpréter n'importe comment...

J'ai tendance à ne pas trop m'inquiéter du monomythe de Campbell. Si on le simplifie, ça donne : le personnage a un problème -> le personnage résout son problème. Toutes les histoires (ou presque) parlent de résolution de problème et n'en sont pas pour autant mauvaises. Il faut se concentrer sur le récit et s'inquiéter de sa structure après, s'il y a lieu. :)

2. C'est vrai qu'on manque d'originalité de ce côté-là, moi le premier ! C'est drôle, quand j'ai lu "placer votre roman au cœur de la forêt amazonienne" je me suis dis "je n'ai aucune idée d'histoire en Amazonie, mais ça à l'air trop bien, il faut que je le fasse" xD
Pour les noms, je me sers généralement de générateurs. Il faudrait peut-être que j'aille jeter un oeil dans la littérature étrangère pour m'inspirer...

3. Je crois que j'ai beaucoup de mal avec les mentors. Tous mes héros n'en ont pas, mais quand ils en ont, je n'arrive pas à écrire ce personnage de façon à ce qu'il soit assez proche sans être trop protecteur ou trop "professoral".

4. Euh... Robin des bois, ça compte ?
J'ai vu la vidéo que tu as posté. Puis je suis allé en voir d'autres. C'est impressionnant ce qu'on peut faire avec un arc ! Je n'ai aucun personnage principal archer, il faut que je change ça. :)

5. La la la... J'ai un héros qui se bat au bâton... :D :D

6. J'ai que des monarchies :( :(
Mais une technocratie ça pourrait être intéressant.

7. J'ai décidé d'inclure différentes créatures dans mon roman en voyant Narnia sur mon étagère ;)
C'est vrai que dans la plupart des romans, les autres créatures sont souvent des monstres au fond d'une grotte.

8. J'ai une héroïne qui est médecin et alchimiste, et un héros astronome ! Et c'est super ! Je peux décrire des activités qui sont autres que celles d'un magicien ou d'un chevalier et ça permet à mes personnages de voyager pour leur profession et pas parce qu'ils sont en quête du Saint-Graal :P

9. La je sèche un peu. Je ne connais rien à la technologie du Moyen-Age. Mais s'ils ont bâti des châteaux et des cathédrales, c'est bien qu'ils devaient avoir quelques outils. D'ailleurs je n'ai pas souvenir d'avoir beaucoup vu de chantier ou atelier autre qu'une forge dans un roman de fantasy...

10. Le plus dur pour la fin xD Raconter plusieurs quêtes sans qu'on ait l'impression de lire 2 romans différents. Et sans que les histoires se rejoignent brusquement sans saison.
J'ai encore beaucoup de progrès à faire là dessus :)

Si tu faisais un article sur les clichés sexistes et autres, je le lirais avec beaucoup d'intérêt !
A part dans Cavalier Vert et l'Épée de Vérité qui sont pleins de personnages féminins forts, on en trouve très peu en fantasy :( (Je n'ai pas lu tous les romans, mais c'est l'impression que j'ai eue.) Alors qu'il y en a beaucoup plus en SF.

J'ai écrit un vrai pavé. Désolé xD

Merci pour ton avis ! Biggrin

Concernant le monomythe de Campbell, en vérité il s'agit d'un schéma type d'une certaine catégorie d'histoire : la quête initiatique. Mais ce schéma est complexe et ne s'applique pas à n'importe quoi et qui ne peut pas se simplifier par ton exemple Blum 3 Vogler l'a simplifié et en a fait un vulgaire un moule pour le cinéma américain à un tel point que beaucoup de jeunes écrivains influencés par Hollywood, ne jurent plus que par le voyage du héros.

Pour ce qui est des prophéties, j'ai lu trop de roman et vu trop de film où la prophétie est une "excuse" pour écrire une histoire : dans ces cas-là, elles n'ont pas d'existence propre, pas de valeur narrative. Dans ces cas-là et uniquement dans ces cas-là, les histoires en sont creuses et vides de sens.

Concernant les femmes dans les romans, ces derniers temps, je ne lis que ça ! Lol

Super article ! Pour ce qui est de ces clichés je pense que je suis plutôt d'accord avec toi ;-)
Personnellement, dans mon roman, j'ai réussis à en éviter la plus grande partie :

1. Même si les prophéties ne me dérangent pas particulièrement, je ne les utilise presque pas. Il faut dire que dans mon univers, les gens ont la même conception des "oracles" que les grecs ou les romains : ils font partie de la vie quotidienne.

2. Pour ce qui est de l'univers, je préfère un cadre fin du Moyen-Age, début de la Renaissance, avec des éléments inspirés de l'Antiquité. Pour les civilisations, je possède un continent " type asiatique" et un autre basé sur l'Egypte antique.

3. Pour le moment, pas de mentor en vue !

4. A ma grande honte, je n'ai pas d'archer, alors que j'ai moi-même fait du tir à l'arc ! ;-)

5. C'est vrai que les épées et les haches, c'est quand même bien pratique... :D

6. J'ai un empire, plusieurs royaumes différents (dont un se rapproche fortement d'une République), une fédération, des cités-états oligarchiques...

7. Au niveau des créatures et peuples magiques, je crois que je suis plutôt pas mal : nymphes, fées, centaures, satyres et faunes, chimères, gorgones, nagas, sphinx, griffons, banshee... Disons que j'ai tout misé sur l'originalité ! ;-)

8 et 9. Je n'ai pas spécialement travaillé ces points...

10. Mon roman est surtout composé d'une multitude d'intrigues différentes, dont certaines comportent des "quêtes" (mais pas de "allons tuer un dragon").

Sympa tes différents régimes politiques ! Wink

J'ai bien aimé cet article, il y a certains points que je ne remarque pas forcément dans les romans de Fantasy mais comme il est dit certains clichés sont parfois nécessaire, tout dépend du contexte ! Comme le vieux magicien, qui est le mentor, il rajoute toujours une petite dose d'humour.

Je suis d'accord que le mentor est souvent utile, mais ce n'est pas une raison pour en faire une copie conforme de Merlin, Gandalf ou Dumbledore Wink
On peut très bien lui donner un autre visage, un autre caractère, ne pas l'entourer de secrets, etc.

Excellent article que j'ai lu avec le plus grand intérêt.

Je suis globalement en accord sur la Fantasy - quête initiatique, qui est la plus courante et la plus charmante pour une entrée en matière ( jeune lectorat) ou les lecteurs qui en sont passionnés. Et nous retrouvons bien l'ensemble des clichés (critères pour la quête initiatique ?) mis en évidence ici, sans compter la palanqué des autres en tout genre.

Pour la quête initiatique, il y a malheureusement nombres de ces clichés qui tournent en critères ( jeune, figure paternaliste, quête initiatique, pas de science ou technologie -faut pas embrouillé les cerveaux , nan ? - chemin d'apprentissage de la vie et des obstacles). C'est en cela qu'à mon avis ces romans de fantasy sont destinés à un public plutôt jeune.
Personnellement, ces récits me lassent très vite, il est relativement aisé de trouver des fantasy palpitantes, voire enivrantes.
Je ne citerais pas simplement Howard qui cumulent des clichés ( critères de l'Héroïc fantasy) avec des clichés sexistes et compagnie. Outre cette Héroïc fantasy, nous pouvons découvrir la Dark fantasy, Ligth fantasy, Flintlock, fantasy militaire,...

Pour donner quelques exemples à des amateurs en recherche d'une fantasy autre :

la Dark Fantasy, qui jouent et détournent nombre de ces clichés (Erikson, Cook, Gemmel,...)
- Les Gemmel, certes 5 des cliches y sont véhiculés (2,4,5,8,9) en général.
- Joe Abercrombie qui s'amuse également bien avec les clichés - Servir froid par exemple, c'est une femme experte dans le maniement de l'épée qui veut savourer une douce vengeance dans un univers de cités-états fédérés.
- Scott Lynch, le héros est un voleur qui veut dérober des objets de plus en plus précieux..
- Miles Cameron, toujours en Dark fantasy, qui détourne le cycle arthurien, version Mordred.

Nous avons de la fantasy "Planet opera " qui recouvre un monde complet :
- Ursula Le Guin avec Terremer
- Brandon Sanderson avec des magies innovantes, et des mondes superbes, certes quelques clichés sont encore bien utilisé!

Nous avons la Flintlock du XIX° ( Wexler, Novik, Sanderson, McClellan, de Castell, ....) avec des mousquets et des canons.

Nous avons l'urban Fantasy qui place le décor en ville, très rarement des quêtes initiatiques, plutôt début du XX°, avec Correia par exemple dans Magie Brute.

Avec Histoire naturelle des dragons, l'héroïne est une scientifique biologiste qui veut étudier les ... dragons.

Pour finir une fantasy plus "exotique" de développe, elle véhicule encore bon nombre de clichés, mais promet un voyage agréable ( Beaulieu, Negrette).

Et puis surtout il y a la Trilogie de l'Empire de Feist
1- C'est une femme, et il n'y a pas de prophétie.
2- C'est dans un univers asiatique, surtout d'ambiance japonaise
3- Pas de mentor, ou alors ils sont multiples mais n'ont pas ce rôle.
4- Son arme, c'est son intelligence et sa langue.
5- Il n'y a pas de métaux - trop rare dans cet univers - aussi, il y a beaucoup d'arcs ( et des armes de corps à corps, certes).
6 - C'est un Empire, ressemblant au Japon ère Edo.
7 - ni elfe, ni nain, ni dragons, mais il y a un peuple troglodyte
8 - La science est très discrète, mais bien présente, notamment pour gagner en puissance économique, la gestion de son territoire est cruciale.
9 - Trop peu, c'est vrai mais elle orientée Japon -Edo.
10 - pas de quête, l'héroïne cherche juste à rester en vie.

Désolée pour le pavé.
Je suis en accord avec cet article, je pense simplement que c'est plus aisé de débuter par cette fantasy initiatique pour le lecteur aussi, avant de savourer des romans plus matures ou exotiques. Cela se trouve, ils sont moins visibles.

Merci pour ton commentaire ! Smile

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi sur le fait qu'il faille absolument rentrer dans la fantasy par des œuvres stéréotypées.
Le jeune publique n'a pas nécessairement besoin qu'on le prenne pour un imbécile (pour ne pas dire autre chose) et je trouve que, en ce moment, dans la littérature fantasy (Medfan, bit-lit, urban et low) jeunesse (12 - 22 ans), on les prend vraiment pour des lecteurs bêtes incapables de réfléchir. Les bouquins qui tournent sont souvent des copies les uns des autres à deux ou trois variantes près.

Chez les adultes, en revanche, on trouve, effectivement, beaucoup plus de variétés bien moins clichées et ça fait plaisir !

J'aimerais juste ajouter que la Dark Fantasy est, de base, "l'anti-cliché" de la MedFan, la majorité des œuvres de ce genre-là peut donc être citées ici si on veut lire "autre chose" Wink

Quant à Howard, étant donné qu'il est considéré comme l'un des pères de l'heroic fantasy peut-on considérer ses œuvres comme un ramassis de clichés alors que ses romans étaient là avant tous les autres ? Personnellement, je ne le pense pas.

Dire que Conan le barbare est une œuvre clichée, c'est un peu comme dire que Le Seigneur des Anneaux est un roman sans intérêt. C'est presque une hérésie ! Lol
Ces romans-là sont des œuvres fondatrices, par définition, elles ne peuvent donc pas être clichées Wink

Je ne pense pas qu'il faille absoluemnt commencé par des quêtes initiatiques, juste que dans les faits, c'est souvent le cas. Si c'est moi qui conseille, c'est d'ailleurs rarement la cas.

Pour Howard, c'est un dilemme, un peu comme Asimov et le cycle des robots. Tous deux sont les pères d'un "genre" ou d'un "concept", mais qui n'ont pas forcément bien encaissés le passage du temps. Du coup la perception est décalée ou faussée, ce qui ne serait pas le cas si le lecteur lisait leur oeuvres en premier.
Sur le principe lui-même, je suis d'accord, Howard invente l'Héroïc fantasy et cela ne devrait pas porter les termes clichés. Cependant, c'est tout de même l'impression que l'on a si on le lit "tardivement". C'est quelque part injuste et je suis d'accord.

Je t'avoue que j'ai du mal avec cette idée de ne pas considérer les œuvres anciennes (quels qu'en soient le genre et l'âge) avec leur bagage historique.
J'aime bien re-contextualiser un texte quand je le lis pour comprendre la portée de son message ou pour en atténuer ses défauts (je pense à certains romans considérés commes sexistes et/ou racistes au XXIe siècle mais dont le discours était normal, parfois même féministe ou tolérant à l'époque à laquelle il a été écrit).

Donc, voilà, je n'arrive pas à voir Wells, Verne, Howard, Tolkien, Lewis, Asimov, Shelley et les autres "parents" de différents genres comme autre chose que les génies-teurs à l'origine de tout (ou presque Wink ).

Mais c'est mon point de vue 100% subjectif Wink

Comme d'habitude, un article sérieux et fouillé. :)
Mais j'ai du mal à être d'accord avec tout car à mon avis, les "clichés" que tu cites font partie des éléments du GENRE même de la fantasy... Ou, effectivement, des histoires fondatrices...
En ce qui me concerne, je ne me priverais pas de prophéties, dragons ou autres, juste parce qu'on les a beaucoup vus... ;) (d'ailleurs, il y en a dans Citara), j'essaierai juste de les rendre un peu originaux / particuliers...

Merci pour ton commentaire ! ^_^
Comme je l'ai précisé au début du récit, un cliché n'est pas un critère. De même, une prophétie n'est pas un critère de Fantasy et, elle ne doit pas toujours être la même. Tout le monde n'a pas besoin d'un "Élu qui sauvera le monde".
Mais, on peut avoir une prophétie façon tragédie grecque (comme celle d'Harry Potter), un héros qui refuse d'être l'Élu, une interprétation multiple de la prophétie (comme dans Star Wars), une compréhension a posteriori (comme dans Les Sauryls), une prophétie qui n'en est pas une (comme dans Eragon), une qui n'est comprise que par le héros (ou pas) et pas par le lecteur (comme dans La Voie des Oracles), etc. Il y a mille et une façon d'utiliser les prophéties.
Là où réside le cliché c'est que, dans la plupart des cas, la prophétie est traitée de la même manière.

De même pour le côté européen central systématique : l'Europe et les Européens centraux ne représentent qu'à peine 10% de la population mondiale (estimation faite à la louche), pourquoi ne centrer les univers MedFan que sur une Europe centrale médiévale alors qu'à la même époque, il se passait des choses extraordinaires ailleurs dans le monde ? Le XIIIe siècle japonais est riche en faits d'arme, idem pour l'empire ottoman.

^_^

Super Zaha, merci pour l'article, c'est chouette car tu abordes d'autres sujets que les autres classements de ce type. :D

1. Je n’aime pas les prophéties non plus, et comme toi, j’essaie de les éviter :D

2. Oui bon, je suis dans le médiéval européen, mais j’ai quelques Etats et régions plus typés, asiat ou mélange, ou melting pot inventé en s’inspirant de différentes cultures existantes sur notre propre planète.

3. Les vieux barbus… je crois que je n’ai pas de vieux barbus… mon perso à bien des mentors, mais 1, ils ne savent pas tout, 2, ils ne le conduisent pas forcément sur le chemin de la raison. Atsouh qui peut être considéré comme un mentor pour Zarkan, est plutôt drogué et alcoolique, ahahah. Celui de Sha est encore pire. XD. Ça compte ?

4. J’avoue que je ne m’étais pas rendue compte de ce fait. Pourtant Legolas a eu bcp de succès… merci Orlando ahah ^^

5. mes perso se battent au double-sabre, différents type d’épée, haches, masses et autres différents types de masses d’armes, dagues, claymore, j’aime aussi les armes d’hast, arbalète et arbalète de poing, si l’époque le permet ^^

6 j’ai 2 empires, un état plus ou moins démocratique aussi. Ahaha ^^ en fait pour faire ça j’essaie de regarder le monde, on a plusieurs type d’Etats, donc je m’en inspire ^^

7. bon j’ai des humains, des dragons, mais pas d’elfes ni de nains, c’est déjà ça. Ahah et j’ai d’autres créatures « inventées ».

8. bon le point 8 et 9 me paraissent parfaitement évident.

10. Pour le coups de la quête, je ne sais pas tjs bien définir la quête dans les bouquins. Peut être que certains bouquins ont plusieurs quêtes en parallèle et du coup je ne m'en rend pas compte. Sinon c'est un peu la même chose que le but de l'histoire? Dans ce cas, tous les bouquins ont une quête non ? hum ... ahah je dois revoir ce point je crois ^^
Enfin j'ai un peu du mal avec les quêtes trop évidente. J'aime ça dans les jeux vidéo (WOW !!!!), mais dans les livres moyennement :D

Concernant les quêtes, on a beaucoup de livres PMT (Porte-Monstre-Trésor) dans lesquels on manque de finesse et de rebondissements.
Il y a aussi les romans où il est censé y avoir plusieurs quêtes secondaires, mais elles sont tellement bâclées que ça ressemble plus à une péripétie qu'à une réelle quête secondaire.

Mais sinon, oui, tous les romans (ou presque) ont une quête (au moins) Wink

Ohhh, je n'avais pas vu passer cet article :O

Tiens, du coup, je vais passer un peu à la moulinette mon univers, Eldalarya, :D

1 - Ecrire des prophétie, je n'aime pas, comme ça, c'est réglé. Pour moi, écrire une prophétie serait comme décider à l'avance de la fin d'une histoire et ça, j'ai beaucoup de mal.

2- Pour ce qui est de mon univers en lui-même, j'ai un mélange de diverses cultures. Si ma série Eldalarya permettra d'en découvrir la plupart, pour ne pas dire toutes, Tendanô est clairement dans la catégorie medfan... Adapté un peu à ma sauce (et oui, pas de chevaliers en armure, pas de vassaux ;) )

3 - J'ai pas de vieux barbus, pour l'instant xD

4 - Mes personnages utilisent très peu voire pas du tout d'armes.

5 - Je renvoie à la réponse précédente :D

6 - Ce point me pose problème dans le sens où une monarchie peut s'exprimer en tant que république ou empire. De même, une monarchie n'est pas nécessairement une royauté.

7 - Je n'ai aucune des races "classiques" dans mon univers (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas dans mes prochaines histoires :P). Même mes "humains" ne sont pas tout à fait humains, en réalité :P

8 - Eldalarya repose totalement sur la magie. Cet univers est la magie même. Comme ça, c'est fait xD

9 - Je me souviens avoir passé du temps à chercher des infos sur la tannerie... tout ça pour une scène dans Tendanô où on ne voit même pas de tanneurs en action xD.

10 - Pour Tendanô, il n'y a qu'une seule quête, si je puis dire. Comme dit plus haut, ce récit concerne un événement historique précis et je voulais que cela reste centré sur ce point.

De manière générale, que les auteurs de Fantasy usent et abusent de ces clichés-là ne me dérange absolument pas. Ce qui m'intéresse le plus, c'est la façon dont l'auteur les utilisent, les combinent les uns aux autres. En tant qu'écrivaine, je ne cherche pas à les éviter à tout prix : je prends les éléments qui se présentent à moi, c'est tout. J'ai plus souvent l'impression de rapporter des récits que de les créer vraiment.

Quoi ?! Tu n'as pas d'elfes ?! Toi ?!
Je suis choquée ! Lol

Alors, attention : un cliché, c'est quand il est utilisé tel quel, sans différence notable avec l'utilisation "générique". A partir du moment où il est détourné ou changé, ce n'est plus un cliché.
Par exemple, le cliché de la princesse c'est la jeune femme séduisante, ingénue, idiote et incapable de faire quoi que soit et, surtout, qui n'évolue pas.
Si on se retrouve face à une princesse laide, vieille, intelligente, rusée, débrouillarde, etc. là, on sort du cliché.

Le seul cliché qui ne me dérange pas, c'est celui du mentor, c'est-à-dire le vieux à barbe qui semble être un peu fou, qui a plein de secrets et qui initie le héros/l'héroïne aux secrets de l'univers.

J'ai des elfes dans mon Nano2014, mais va falloir attendre un peu pour que je finisse l'histoire :P

Ouais, alors le coup de la princesses cruche, c'est pas plutôt du registre du cliché discriminatoire ? XD

Je pensais bien à l'utilisation générique. Exemple tout bête, pour rester avec les elfes : une rivalité entre les elfes et les nains. Ou entre des vampires et des loup-garous. Ça me dérange pas, tant que c'est bien fait, que l'auteur-e a su se réapproprier ce genre de cliché pour y apposer sa patte.

J'avais manqué cet article ! Et... Diantre ! J'ai un vieux barbu :O !!! (mais je suis bête, j'écris pas de fantasy haha, enfin, pas comme on l'entend). Cela dit ça m'inspire quand même, surtout le coup de l'archer et de la forêt amazonienne. Hum... ouai, c'est inspirant ! Possible que j'y envoie une blondinette un de ces quatre. Sinon dans ma pseudo fantasy (^^) j'ai des dragons, yes, mais ils sont pas très fut' fut' et un chat à 3 pattes plus malin que les autres, ainsi qu'un sanglier en slip de bain alors ça sort un peu des clichés ;-) Bref, j'adore lire tes articles, y a toujours un petit truc qui fait tilt et donne envie de reprendre sa plume illico , merci Zaha.

Merci à toi !
Savoir que je te donne envie d'écrire, ça me fait très très très plaisir ! ^_^

Je n'avais pas pensé aux archers effectivement les pauvres ... XD

coucou! je découvre ton site, et il est passionnant! :-) Cet article est très sympa, et très juste. Moi ce que je trouve le plus cliché en fantasy, c'est le côté souvent assez sexiste de beaucoup de romans, peut-être plus dans les classiques, mais pas que. Y'a un très bon article sur le web concernant le sexisme dans les romans, je trouve que ça colle avec beaucoup d'univers fantasy...
Concernant les clichés en eux-mêmes, je les trouve embêtant surtout si c'est un style très "classique", assez dénué d'émotions. Si le contenu caractère des personnages/relationnel est développé, au final, même l'univers le plus classique sort du cliché, je trouve! :-)
Pour revenir sur tes dix points, j'ai tenté d'analyser mes romans, encore que c'est pas évident vu le nombre que j'en ai écrit, et voici ce que j'en perçois, et ce que j'en pense dans les autres romans que j'ai pu lire:
1: la prophétie. C'est vrai que c'est le cliché ultime. Perso, j'aime bien l'utiliser, de temps en temps. Dans ma première trilogie, je l'avais utilisé de manière très classique, c'étaient mes premiers romans et la base est très cliché, je pense ;-) Par contre, j'en ai fait une utilisation complètement différente dans ma dernière série en cours. Là il s'agit d'une prophétie concernant le fils d'un chef de clan barbare (Alasaïs, comme des mongols primitifs), elle n'est pas "antique" mais plus ou moins intemporelle, transmise de génération en génération à l'oral parce qu'ils savent pas écrire lol (ils connaissent même pas le concept, en fait ;-) ). Il ne s'agit pas de sauver le monde, mais de rallier les tribus des steppes sous une seule bannière et de créer une civilisation. Ce qui fait en fait de cette série une série à intrigue très politique, dans un univers barbare et chamanique. Dans l'ensemble, dans les romans, si la prophétie est bien menée, je l'apprécie, si elle est comme tu dis tellement cliché, ça me gonfle d'emblée.
2) univers médiéval européen: j'adore cet univers, je me suis passionnée pour l'époque médiévale. Si l'univers est bien menée, précis, presque historique, ça me plait beaucoup. Moi je suis partie d'un thème assez européen, pour ensuite dériver dans toutes sortes de cultures, j'adore travailler sur les cultres diverses et variées! Chez moi il y a 5 cités de Magie dispersées dans le monde, une somme toute assez européenne, une "africaine", une "asiatique", une orientale (proche de l'univers des Mille et Une Nuits), et une "scandinave". je mets des guillemets, parce que si j'utilise mes connaissances et recherches concernant différentes cultures existantes ou aillant existé, bien sûr je crée à partir de cette base! :-) D'ailleurs j'ai énormément travaillé sur l'univers des Mille et Une Nuits que je trouve passionnant et au final très actuel (parce que j'adore parler de sujets d'actualité dans mes romans! :-) )
3) vieux barbus qui savent tout: ah je déteste les vieux barbus qui savent tout! lol! ça me fait penser à ces vieux de notre monde qui croient tout savoir et regardent les ptits jeunes de haut ;-) Je n'ai presque jamais de vieux dans mes romans, y'a bien les elfes qui sont pas tout jeunes et qui savent tout, mais ils gonflent généralement tout le monde ;-)
4 et 5) personne ne veut tirer à l'arc et il n'y en a que pour les épées, arcs et haches: c'est vrai que les épées, c'est ce qu'on voit le plus, normal en même temps dans un univers européanisé... moi je trouve souvent pas ça pratique, les épées. J'ai une héroïne de mon premier roman qui tire à l'arc, de toute façon elle se débrouille pas super bien avec une épée, mais c'est une elfe ;-) Par contre, je préfère de loin les persos qui se battent à la dague, voire à mains nues. C'est tellement plus intense, les combats hyper rapprochés, beaucoup plus jouissif! :-) Sinon, y'a les combats de magie, aussi, ça c'est vraiment sympa. enfin, c'est pareil, ça dépend comment c'est fait, moi j'aime beaucoup. Bon, en général, j'ai des personnages complètement psychopathes qui tournent au peu berserks sur les bords quand ils se battent lol
6) on ne voit que des monarchies: super vrai! c'est rare les autres systèmes, mais en même temps, c'est vrai aussi que ça va avec le cliché "univers médiéval européen". Si on est dans cet univers-là, les monarchies sont le plus logique, même si même historiquement il y a eu quelques exceptions. Moi j'aime bien les "aristocratie" (ou démocratie sélective lol), chez mes magiciens, c'est le cas, ce sont les magiciens qui dirigent la ville mais il y a élections (à vie, à priori) du Doyen de l'Ordre, qui est aussi le chef de la ville. IL y a un conseil et une grosse organisation derrière. Après, j'ai des peuples plus sauvages, aussi, qui fonctionnent plus en mode tribal, donc avec un chef, souvent le plus fort qui a buté tous ceux qui se mettaient sur son chemin ;-) Chez mes dragons, c'est une vraie démocratie avec un conseil d'anciens qui ne se réunissent plus parce qu'ils sont tous très indépendants et assez orgueilleux, enfin, c'était comme ça, depuis il y a celui qui se fait appeler le "dieu dragon" qui a débarqué, et c'est devenu leur chef ;-) Enfin, que ce soit chez moi ou chez les autres, c'est vrai que j'apprécie quand c'est varié... un univers vaste et rempli de surprises est d'autant plus passionnant, je trouve...
7) elfes, nains et dragons: moi j'aime bien, les elfes, les nains et les dragons. Je suis sans doute un peu "vieux jeu", mais quand il n'y en a pas dans un univers, souvent ça me manque un peu ^^ Même si ce n'est pas une nécessité. Le cliché nains/elfes qui se détestent, est particulièrement délectable, je trouve, ça peut vraiment donner lieu à des situations cocasses! :-) Par contre, le monde ne s'arrête pas à ces créatures, et pour ma part, mes héros sont plus souvent "enfants des fées" ou djinns, ou issus de croisements bizarres... ;-) J'adore les djinns, que j'exploite énormément! :-)
8 et 9) sciences et technologies: j'adore cette idée! c'est vrai que ça en manque cruellement dans beaucoup d'univers! Y compris les miens, j'ai parfois du mal avec les parties techniques lol mais par exemple, il y a peu, je me suis vraiment amusée avec 4 geeks qui voulaient créer des portails de Magie, en donnant à leurs dialogues ce côté scientifique (parce que pour moi la Magie peut avoir un côté super scientifique!), c'était vraiment sympa! J'aime bien les univers bien construits, avec plein de détails intellectuels et techniques! dans la construction, par exemple... L'idée d'un héros alchimiste ou biologiste, je trouve ça super original!
10) la quête: moi les quêtes, j'en suis pas fan du tout ;-) très cliché, en effet, trop redondant. Même les quêtes croisées. Je ne dis pas que je n'en utilise pas, mais souvent, j'aime bien partir de rien (des persos qui veulent voyager, découvrir un lieu, etc), et faire en sorte qu'il arrive tout un tas de choses à mes héros après. Mes intrigues sont croisées, mais il y a rarement de quêtes à proprement parler... Et puis la plupart de mes héros aiment pas du tout croire qu'ils sont destinés à accomplir des trucs... ;-) En tous cas, je suis persuadée qu'il y a mille manière de rentrer dans un roman fantasy sans qu'il soit question de quête, et c'est ce que je préfère, en général!

Autre cliché très fantasy pour moi, dont je parlais un peu plus haut, c'est la place des filles dans ces romans. Souvent pas héroïnes, il y en a souvent une dans le groupe mais elle sert à rien, c'est la potiche ou la chieuse de service, juste là pour échanger un baiser avec le héros au moment clef. Ou alors, on les voit en fond, en princesses gourdasses et parfaites, ou en très très méchante mais tout aussi belle et parfaite. On a des héros qui démarrent souvent en tant que looseurs et s'aperçoivent de leurs qualités incroyables peu à peu, mais c'est rarement le cas pour les filles, et leurs caractères sont généralement très peu travaillés, tout juste figé dans des clichés. J'ai peu de femmes héroïnes dans mon univers, mais quand il y en a, on les sent passer ;-)

Voilà, j'espère avoir apporté quelque chose à la discussion, en tous cas merci pour cet article qui fait réfléchir! :-) Bonne continuation, je vais suivre tes articles avec intérêt! :-)

Bonjour et merci pour ce commentaire ! Biggrin
Et bienvenue sur mon blog également Wink

Concernant les héroïnes dans les romans de fantasy, je te rassure : la tendance commence à changer. Il y a de plus en plus d'héroïnes qui ont du caractères. Mais pour les trouver, il faut sortir de la littérature anglo-saxonne et se diriger plus vers les littératures européennes (francophone, germanique et slave pour ce que j'en ai lus).

Ensuite, tu dis que si on développe un peu, ce ne sont plus des clichés, mais c'est là toute la définition du cliché : une image intégrée telle quelle, sans approfondissement.
On peut écrire l'histoire d'un chevalier qui sauve une princesse prisonnière d'un dragon sans pour autant sombrer dans les clichés seulement si on développe les personnages, l'intrigue, l'univers et le style (ce que j'appelle "les 4 piliers d'un roman" : http://www.monde-fantasy.com/les-4-piliers-du-roman ). C'est la toute la différence entre la caractéristique et le cliché : la première est une base de travail et le second est un "pack kinder surprise" qu'on ne travaille pas, qu'on intègre sans le travailler un minimum.

Concernant les armes, je fais une série d'articles - série toujours en cours, d'ailleurs - à propos des armes pour, justement, ouvrir les horizons et permettre à ce qu'on ne voit pas sempiternellement la traditionnelle épée. Voici le lien vers la liste des différents articles, si ça t'intéresse : http://www.monde-fantasy.com/taxonomy/term/247 Smile

J'ai une prophétie mais en fait, elle est juste mentionné et n'apparaîtra qu'à la fin de l'histoire (à la fin de la trilogie en fait donc elle ne fera chier personne)^^. Ma prophétie ne sert à rien j'en suis consciente, c'est justement pour cela que je la laisse dans l'histoire pour faire chier le monde^^ .J'en ai marre des prophéties qui monopolisent tout le récit et les personnages. C'est ridicule et j'ai juste envie d'avoir une prophétie dans le mien donc j'en met une . Sinon j'ai pas mal de cliché je l'avoue ... notamment j'ai pas mal d'épées aussi mais pour de bonnes raisons ! (il y a une créature dans mon roman qui ne peut être anéantie que par des armes forgés avec des matériaux spéciaux) par contre il y a plusieurs quêtes, Ah je n'ai pas que des monarchies dans mon monde mais dans l'histoire c'est effectivement surtout les monarchies que je mentionne XD pour les créatures j'ai de tout mais c'est vrai que pour mes personnages principaux on revient aux clichés ...
Quant aux vieux barbus qui savent tout ? Vraiment ? Les rares que j'ai dans mon roman ont plus tendance à être égoïste et narcissiques.(peut être c'est pour cela qu'ils croient tout savoir en fait). J'ai aussi un vieux barbu nationaliste qui est devenu complètement fou et rachitique.... Alors par contre je le reconnaît je suis assez féministe ... et je ne m'en cache pas trop, ceci dit j'essaye quand même de faire des personnages masculins sympa même si mon héro est ... une fille. Franchement de ça je m'en fous un peu en fait car ce qui compte le plus pour moi c'est le caractère des personnages et les interactions les uns entre les autres qu'ils soient filles ou garçons après ... J'ai aussi un problème de cliché pour un truc: beaucoup de mes personnages nobles ont tendance à detester les gardes et mon héroïne ne peut pas voir un certain lieutenant... parfois j'ai l'impression que c'est plus fort que moi désolé .....

Personnellement, je n'ai pas de prophétie, mais j'ai un peuple qui compte des devins Biggrin

A part ça, comme je l'ai dit plus haut, c'est la manière dont tu vas développer tout ça qui fera que ce seront des clichés ou pas Wink

Bonjour, tout d'abord je tiens à te dire merci car tes articles m'aident beaucoup pour la création de mon romans. D'ailleur mon personnage principale est une hallebardière et son meilleur ami (qui est un centaure au corp de lion, écailleux par endroit) utilise uniquement un arc, et un autre de mes personnage utilise une chaine (grâce à toi)

Je n'ai pas non plus intégré d'elfe ou de nain pour changé un peu. D'ailleur il n'y à pas vraiment d'humain non plus. La race principale de mon histoire est les Atlante (oui ceux de l'Atlantide), ils peuvent presque tous utilisé la magie, ceux qui ne le peuvent pas sont trés rare et sont souvent abandonnés à la naissance.

Enfin je voulais te conseiller une série de livre que j'apprécie énormément qui est Sorceleur de Andrzej Sapkowski (qui à d'ailleur été adapté rn jeux vidéo) qui posséde un bestiaire trés divérsifié (même si il y à toujours les elfes et les nains). Et ou le héro n'a pas une seule et unique quête.

Merci beaucoup pour ton retour ! Ça me fait très plaisir de savoir quand mes articles sont utiles ! smiley

C'est original l'hybride humain-lion, ça ne se voit pas souvent.

Je connais la série de livres dont tu me parles, je connais aussi les jeux vidéos ! Toutefois, je sais qu'il y a pas mal de violence dans les livres et je ne suis pas trop fan de ce genre de scènes si elles sont gratuites.frown

De rien c'est normal ^^ (en plus ton site est d'une qualité incroyable)

J'en ait fait un hybride au corps de lion car ses pattes lui permettent de se déplacé plus rapidement et plus aisément dans les montagne, les jungles ou tout autre endroit accidentés.

La violence gratuite est parfois cohérente par rapport au conditionnement psychologique du personnage.

Bonjour,

J'ai une question concernant les caractéristiques de l'héroic fantasy. La présence de la magie est-elle obligatoire ? Si oui, à qu'elle genre appartient un texte que présente les critères de l'heroic fantasy mais sans magie ?

Merci beaucoup d'avance, 

Olivia.

Bonjour ! smiley

Alors, c'est pas compliqué : s'il n'y a pas de magie, ça ne peut pas être de la Fantasy (quel qu'en soit le sous-genre). La magie est l'élément essentiel qui fait que la Fantasy est de la Fantasy.

Si tu écris un roman qui répond à tous les codes de l'heroic fantasy, mais sans magie, alors c'est un roman d'aventure ou de chevalerie.

En revanche, il faut également voir ce que tu appelles "roman sans magie". La magie en fantasy peut se manifester parfois de manière très discrète ou détournée. Il n'est pas toujours question de magiciens ou de dragons.

Si tu as d'autres questions n'hésite pas smiley

Merci beaucoup pour votre réponse :)

J'écris en effet un roman et je cherche le genre dans lequel le classer. J'avais pensé à l'heroic fantasy étant donné que mon histoire se passe dans une sorte de monde moyenâgeux avec des guerriers rebelles. Mais il est vrai qu'il n'y a pas vraiment de magie.

L'histoire possède une chute qui pourrait indirectement en faire partie : l'héroïne amnésique qui vit avec les guerriers se réveille à la fin dans une chambre tout à fait moderne, de notre monde. Tout porte à croire qu'elle a rêver mais sur sa main elle voit une entaille qu'elle s'est faite dans ce monde moyenâgeux.

Vous pensez que cela peut faire partir de l'heroic fantasy ? Ou si ce n'est pas le cas vous seriez à qu'elle genre ?

Merci beaucoup de vos reponses,

Olivia.

Tu peux me tutoyer wink

Le thème du rêve et la manière dont tu le traites est typique du fantastique (le vrai, pas la définition américaine). C'est un genre ou on oscille entre rêve (ou folie) et réalité sans vraiment se décider pour l'un ou pour l'autre.
Si tu laisses ton héroïne (et les lecteurs) sans explications, alors on est en plein dans le fantastique. Si tu donnes :

  • une explication scientifique, on verse dans la science-fiction
  • une explication logique (elle a fait un malaise et en tombant, elle s'est blessé la main), c'est de l'aventure
  • une explication magique, on tombe dans la fantasy

J'ai écrit un article pour apprendre à s'y retrouver avec les différents genres de l'Imaginaire : Différencier les genres de l'Imaginaire

En effet je laisse mon lecteur sans explication : c'est fin à chute :) La morale de cette histoire se résume en un mot : croire.

Je serais donc dans le fantastique. Merci beaucoup ^^ Au début j'y avais pensé mais la définition donné ne correspondait pas (sûrement la fameuse version américaine dont tu parle).

En tout cas merci beaucoup pour tes réponses, je vais allé consulter la page que tu m'a mise en lien.

Eragon manie l'arc

Pas en tant qu'arme principale. Son arme principale, c'est l'épée. Il ne manie l'arc qu'à l'occasion et uniquement pour chasser. smiley

Merci pour cette belle idée !

Je suis également en faveur de l’originalité dans les romans de fantasy. Les différents régimes politiques, civilisations et professions des héros retiennent particulièrement mon attention. Je dois avouer que les professions ouvrent un vaste champ de possibilités, ça titille déjà mon imagination, je compte bien explorer ça dans mes prochains récits !

Et puis du point de vue de l’évolution personnelle, c’est toujours bénéfique d’explorer d’autres façons de faire ou de penser.

C'est ce que j'essaie de faire avec mon blog : explorer d'autres possibilités, encourager à chercher autre chose, à sortir des sentiers battus.
Au cours de mes pérégrinations pour mes articles, j'ai moi-même étoffé mon imaginaire et l'univers de mon roman ! laugh

Je n'ai plus qu'à te souhaiter une bonne eploxartion ! S'il y a des sujets que tu voudrais que je traite, n'éhsite pas à m'en faire part ! wink

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