Les femmes et la fantasy

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Les femmes et la fantasy

Hier, c'était la journée internationale des droits de la femme. Du coup, aujourd'hui j'avais envie de vous parler de femmes et de fantasy.

Avant de commencer, je me permets d'insister sur une chose : hier n'était pas la journée de la femme, mais bien la journée des droits de la femme. La nuance est importante puisque la première rappelle les promotions (bien souvent sexistes) qui fleurissent un peu partout pour l'occasion (rabais sur les cosmétiques, séances de cinéma gratuites, consommations offertes en boîte...) alors que la seconde souligne le fait que, dans beaucoup de pays, la femme est encore considérée comme un objet, que les filles n'ont pas toutes le droits d'aller à l'école, que dans nos pays dits civilisés les femmes gagnent moins que les hommes pour le même travail, que des hommes essaient de déposséder les femmes de leurs propres corps, etc.

Aussi, aujourd'hui j'ai envie de parler avec vous de la femme dans la fantasy : Est-elle mieux considérée dans les livres que dans la vraie vie ? Quelle place laisse-t-on aux autrices dans nos bibliothèques ? Quid de la défense des droits de la femme dans les récits ?

Les personnages féminins dans les romans

Dans les romans de fantasy, la plupart des personnages féminins sont stéréotypés et rangés dans des cases bien définies. De plus, on croise rarement d'héroïnes ou de femmes en guise de personnage principal — Attention ! Héros et personnage principal ne sont pas des synonymes.
Voilà quelques exemples :

La femme-trophée

Typiquement, c'est la princesse que le chevalier doit aller sauver et avec laquelle il se marie à la fin de l'histoire. En gros, c'est la potiche, le pot de fleur.
Dans les récits un peu plus modernes, on a droit à une "évolution" de cette version de la femme : très souvent, le héros/chevalier se voit confier la mission de l'escorter d'un point A à un point B. A lui d'affronter tous les périls, à elle d'agiter des pompons pour l'encourager (bonus +1 à l'initiative pour les rôlistes de D&D), elle reste une potiche qui ne sait rien faire de ses 10 doigts, mais le héros en tombe éperdument amoureux.
Bien sûr, cette femme-trophée doit être belle et attirante, mais surtout pas intelligente, ou pas trop.

C'est clairement un personnage qui ne sert à rien, si ce n'est à créer des situations comiques de temps en temps. On retrouve souvent ce genre de personnage dans la Sword'n'Sorcery. Il s'agit, d'ailleurs, de l'une des raisons pour lesquelles ce genre est décrié.

La femme qui arrive pile quand on en a besoin

C'est peut-être le stérotype que je préfère (ou plutôt que je déteste le moins) parce que ce sont souvent des personnages plus recherchés et parfois plus torturés que les autres. Je les trouve d'ailleurs bien souvent plus intéressant que le héros.

Ces personnages ont souvent le rôle d'adjuvant principal, c'est la guerrière super douée qui sait plein de trucs et, surtout, qui a toujours l'astuce pour sortir le héros du pétrin dans lequel il s'est fourré. Si le héros était McGyver, ce personnage serait son couteau suisse.
C'est aussi, et même très souvent, le love interest du héros.

Je suis certaine que ça vous rappelle au moins un personnage, j'en mettrais ma main à couper. Pour ma part, ça me rappelle des personnages comme Sende dans Les Chroniques des Féals de Mathieu Gaborit, Arya dans Eragon de Christopher Paolini et même Hermione dans Harry Potter de J.K. Rowling.

La femme-homme

Dans le langage courant, on appelle ce stéréotype la femme badass. Mais je préfère l'appeler la femme-homme pour la simple et bonne raison que c'est un stéréotype dont le principe est de tout faire comme un homme (même mieux qu'un homme), mais avec un utérus...

En général, ce sont des héroïnes qui se comportent comme des hommes : elles manient l'épée, portent des pantalons, sont cruelles, froides, intelligentes, etc. En revanche, quand elles deviennent trop froides ou trop cruelles, elles sont reléguées au rang d'adjuvant, de personnage secondaire.
Dans les "catégories" que je vous cite, c'est la seule qui est la plus susceptible d'évoluer : soit en devenant encore plus cruelle parce qu'elle a vécu un événement traumatisant dans l'histoire, soit elle se radoucit pour devenir une femme-qui-arrive-pile-quand-on-en-a-besoin et ceci grâce au pouvoir de l'amûûûûr, bien entendu. En général, on les dépeint également comme des dures au cœur tendre.

Personnellement, ça me rappelle Kalhan dans L'Épée de Vérité de Terry Goodkind, où l'Inquisitrice sans pitié qu'elle était au début du tome 1 se transforme en une espèce de grosse guimauve à la fin de ce même tome quand Richard lui avoue son amour (dans une déclaration que j'ai trouvée particulièrement mièvre, ceci dit...).

La femme intouchable

Ce stéréotype-ci présente la femme comme un être placé sur un piédestal, une déesse au pouvoir et au savoir infinis. C'est un personnage que l'on retrouvait souvent dans la littérature moyenâgeuse sous les traits des fées, telles les fées Morgane et Viviane. Ce sont souvent des personnages hauts-placés qui ne prennent pas part aux aventures car elles sont jugées indignes pour des personnes d'une telle importance.
Ce stéréotype nimbe les femmes d'une sorte d'aura de perfection qui les rendent trop pures que pour avoir le droit de jouer le rôle d'une héroïne ou même d'un personnage secondaire.

Dans la littérature moderne, je peux vous citer les exemples de Galadriel et d'Arwen dans Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolikien. Ces femmes sont clairement placées au-dessus des héros. Arwen peut même s'apparenter au personnage de la Dame des romans courtois (en gros à celui de la femme-trophée) puisque Aragorn doit réussir sa quête pour gagner l'amour de sa Dame et le droit de l'épouser (schéma classique du roman de chevalerie). Ces deux femmes, bien que puissantes et respectées, ne prennent pas part à l'aventure (pas complètement, en tout cas) alors que Gandalf, qui finit par devenir l'égal de Galadriel, fait partie intégrante de la communauté de l'anneau, tout comme Saroumane, un autre égal (ou presque) de Galadriel, qui joue un autre rôle actif dans le récit.

En conclusion

Je tiens à rappeler que je n'ai parlé que des stéréotypes que l'on croise le plus souvent et qu'il ne s'agit en rien d'une liste exhaustive, bien évidemment wink

Bien sûr, il existe d'autres stéréotypes plus ou moins avilissants pour la femme, mais il existe également des personnages féminins réalistes qui n'entrent dans aucune des catégories pré-citées ou, a contrario, qui rentrent dans toutes les catégories en même temps.

Ensuite, de mon point de vue, je pense que toutes ces catégories ne sont pas à bannir car certaines peuvent être intéressantes à traiter dans une certaine mesure. J'ai, d'ailleurs, dans mon propre roman une brute au coeur tendre (que j'aime beaucoup), j'ai aussi une femme intouchable. L'important, c'est de ne pas tomber dans les extrêmes et de jouer de tout avec parcimonie.

Pour finir avec ce point, j'ai voulu vous partager 2 vidéos qui parlent des stéréotypes genrés, alors non pas dans la fantasy, mais dans la science-fiction et dans la littérature jeunesse. Le problème des stéréotypes se posent partout, dans tous les genres, la seule différence, c'est la fréquence : certains stéréotypes se retrouvent plus dans certains genres et pas du tout dans d'autres (je vous mets au défi de me trouver une femme-trophée dans un polar... wink)

Gaël Aymon - stéréotypes de genres dans la littérature jeunesse (et médias) from remue.net on Vimeo.

Les autrices dans le monde de l'Imaginaire

Dans ce point-ci, j'ai envie de vous parler de mon expérience et de mon vécu. Je peux être totalement à la masse, mais c'est ce sont les constats que j'ai faits depuis que j'ai fait du monde du livre mon univers professionnel. Alors, attention, je parle du monde du livre, pas du monde éditorial.
De même, je n'ai pas voulu me baser sur des études et chiffres américains pour la simple et bonne raison que la situation n'est pas la même que chez nous.

Les femmes chez les petits éditeurs, les hommes chez les grands

C'est un constat que j'ai fait il y a quelques années maintenant : les grosses maisons d'édition de l'Imaginaire publie plus d'hommes que de femmes alors qu'il y a plus de femmes que d'hommes qui écrivent et publient. De plus, ce sont plutôt les hommes qui sont mis en avant lors d'événements promotionnels.

Je suis d'accord que la tendance commence à changer, mais quand je regarde ma bibliothèque, les hommes sont plus présents dans des grosses maisons que les femmes.

Si tu veux publier, tu dois pendre un nom d'homme

Quand j'ai commencé à réfléchir à un nom de plume, c'est une phrase que j'ai souvent entendue. Et je vous avoue que, pendant un moment, j'y ai sérieusement songé.
Toutefois, je ne l'ai pas fait pour la simple et bonne raison que ce n'est pas en choisissant de suivre les pressions et les conventions sociales qu'on va faire changer les choses. Je suis une femme et je l'assume (même si j'ai un certain côté garçon manqué wink).

Mais il est vrai que beaucoup d'autrices choisissent sciemment de publier sous des noms masculins parce que c'est moins "connoté" et que le public masculin a moins d'a priori (voir pt suivant) ou alors, elles choisissent des noms neutres, comme de simples pseudo.

Je ne lis pas de romans écrits par des femmes, je n'aime pas les romances

J'ai réellement entendu cette phrase, on me l'a dite quand j'ai proposé mon livre à la lecture. Pourtant, la personne (un homme) qui me l'a dite me connait suffisamment que pour savoir que les romances, c'est pas mon truc (j'aime en lire une par an, mais pas en écrire).

Ce merveilleux cliché n'est pas prêt de s'évanouir, malheureusement. Beaucoup d'hommes et de femmes sont persuadés que les femmes n'écrivent que des mièvreries. Beaucoup de personnes croient encore que les femmes ne savent pas traiter les grands thèmes de la fantasy comme le courage, les intrigues politiques, les quêtes épiques, les combats, les guerres, etc.

De la même manière, il y a cette fameuse réflexion (que j'ai déjà entendue) : Ce livre était super, pourtant il est écrit par une femme. Comme si les femmes n'écrivaient que des romans passables (et des romances...). En tant que femme, je trouve cela insultant qu'on puisse considérer que ne soyons pas capables d'au moins égaler les hommes dans l'écriture de romans fantasy.

Tu ne devrais pas lire ça, c'est pour les garçons

Côté lecture, il y a la même segmentation sexiste : les filles ne devraient pas lire des romans de fantasy où il y a trop de conflits, trop de bagarres, trop d'aventures. Comme si nous, les femmes, étions trop influençables et/ou impressionnables que pour pouvoir supporter la lecture de romans d'epic fantasy, par exemple.

A ce titre, j'aimerais attirer votre attention sur le fait que la plupart de la littérature adolescente — Oh ! Pardon — young adult est destinée à un public féminin et déborde de guimauve et de mièvreries jusqu'à l’écœurement. Personnellement, je ne compte plus le nombre de romans où la romance/triangle amoureux est annoncé-e dans le résumé (et toujours entre l'héroïne et un mec mystérieux). C'en est arrivé au point où s'il y a une héroïne et un héros, ils DOIVENT finir ensemble, sinon ça ne va pas le faire. — Je ne vous raconte pas la pression que je reçois de la part de mes lecteurs pour que Neph et Shéa finissent ensemble ou, au contraire, surtout pas ! wink
A travers cette littérature-là, j'ai l'impression qu'on force les adolescentes à lire des romans d'amour en leur interdisant des choses plus épiques ou héroïques. Ça fait partie des choses à changer pour moi : ne pas restreindre les lectures des jeunes (enfants et ado) à des catégories trop souvent sexistes.

En conclusion

Je pense qu'on a encore un gros travail à faire pour que les femmes puissent tenir une vraie place dans l'Imaginaire, une place égale à celle des hommes. Mais pour y arriver, il va falloir faire des efforts et montrer que les femmes sont capables de traiter les mêmes sujets que les hommes avec la même gravité (ou pas)  et de lire les mêmes romans.

En revanche, ce qui semble être vrai, c'est que les femmes ont une sensibilité différente de celle des hommes. Selon un grand lecteur de fantasy de mon entourage, les femmes préfèreraient décrire les ambiances et les ressentis alors que les hommes préfèrent décrire les personnages et leurs pensées. Qu'en pensez-vous ?

Quelques lectures

Balade avec les astres de Jeanne Sélène

Résumé :
« Elle marcha encore quelque temps avant de s'arrêter. Un triste paysage s'offrait à elle. Du haut de son promontoire, elle pouvait contempler les Terres Désolées. De l'autre côté se trouvait la Forêt Maudite, frontière du pays. Nul n'osait plus la franchir car aucun homme n'en était revenu. On disait que les âmes piégées restaient à jamais prisonnières de ces bois et attiraient à elles quiconque se risquait dans leur domaine. »

Deux femmes, une mère et sa fille, deux destins entremêlés. Elles devront faire face à l'hostilité des hommes et lutter dans un monde fait de beauté et de noirceur, un monde étrange aux lois mystérieuses...

Je vous le conseille parce que, dans ce roman, j'ai senti que l'autrice faisait tout pour ne pas créer de clivage entre ses personnages masculins et féminins. Elle a aussi accordé une grande importance à l'équilibre. Mais elle dénonce aussi les violences faites aux femmes et illustre très bien les différentes réactions que les hommes peuvent avoir face à ça.

Vers mon avis : Balade avec les astres de Jeanne Sélène.

 

La Belle et le Fuseau de Neil Gaiman

Résumé :
À la veille de son mariage, une jeune reine décide de quitter son palais pour aller délivrer une princesse prisonnière d un sortilège de sommeil. Elle laisse sa robe de mariée, revêt sa cotte de maille, se pare de son épée et enfourche son cheval. Entourée des nains qui l accompagnent et la protègent, la reine traverse un tunnel sous la montagne et avance vers le royaume endormi. Bientôt, un château apparaît dans le lointain. Ses murs sont recouverts de ronces et de toiles d araignées et, dans le donjon, repose la princesse aux lèvres rouges comme les roses. Mais qui sait, peut-être que dans ce conte-là, la princesse n est pas celle qu on croit, et qu une reine donnera un baiser à une belle endormie...

Je vous le conseille parce que c'est un conte illustré qui dénonce le sexisme des contes de fées. Il est vraiment très agréable à lire tant son héroïne brise les codes des contes.

 

La Reine du Tearling d'Erika Johansen

Résumé :
Après la mort de sa mère la Reine Elyssa, Kelsea Raleigh a grandi en exil, loin des intrigues du Donjon royal où son oncle diabolique a pris le pouvoir. Le jour de ses dix-neuf ans, une garde dévouée l'escorte de son repaire à la capitale, où elle devra reconquérir la place qui lui revient de droit et devenir Reine du Tearling.
Kelsea ne s'est jamais sentie aussi peu capable de gouverner. Pourtant, les atrocités qu'elle découvre vont la pousser à commettre un acte d'une incroyable audace, qui jette tout le pays dans la tourmente et déchaîne la vengeance de la Reine rouge.
La quête de Kelsea pour sauver son royaume et aller vers son destin ne fait que commencer. Long périple semé d'embûches, empli de bruit et de fureur, de trahisons et de combats farouches. Une épreuve du feu, qui forgera sa légende... ou la détruira.
Erika Johansen nous entraîne dans une épopée flamboyante où une jeune princesse insoumise devra lutter pour monter sur le trône.

Je vous le conseille parce que, non seulement l'héroïne est une vraie femme, dans le sens où c'est une personne avec des préoccupations de reine, certes, mais aussi avec des préoccupations d'êtres humains. Elle a des défauts et des qualités qui font qu'elle est loin d'un archétype badass qui n'a pas le moindre doute et qui ne commet jamais d'erreurs. Une vraie femme, ni pute ni soumise. De plus, les thèmes des violences faites aux femmes, de la misogynie et du sexisme sont très importants pour l'héroïne et, à mon avis, pour l'autrice également.

 

A la Croisée des mondes de Philip Pullman

Résumé :
Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée d'une prestigieuse université anglaise, est-elle l'objet de tant d'attentions ? De quelle mystérieuse mission est-elle investie ? Lorsque son meilleur ami, Roger, disparaît, victime des ravisseurs d'enfants qui opèrent dans tout le pays, elle n'hésite pas à se lancer sur ses traces...Un périleux voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui révèlera ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde.

Je vous le conseille parce que, dans ce roman, Lyra, l'héroïne, se fiche bien des convenances qu'une petite fille bien élevée devrait suivre. C'est une enfant libre qui fait ce qu'il lui plait sans s'occuper de savoir si ce sont des choses que les filles peuvent faire ou non. Sans être un garçon manqué, c'est juste une femme libre.

 

Neph et Shéa d'Aline Wheeler

Résumé :
Au nord de l'Idalie, Shéa fuit la Tour des Ombres pour sauver sa vie.
Plus loin au sud, Neph fuit La Forteresse pour échapper à un destin guerrier dont il ne veut pas.

Leurs chemins les feront se rencontrer et les mèneront chez Berht, un vieil excentrique ami de la Prime Reine. Celle-ci chargera ce trio improbable d'escorter un curieux émissaire elfe jusqu'à Cérasa, une ville au sud du pays. Mais derrière cette mission officielle, s'en cache une autre, secrète, bien plus importante et plus dangereuse.

Deux cents ans après la Grande Guerre qui opposa les peuples unis de Tell'Andra aux Funestes, la paix qui régnait dans le monde s'étiole à nouveau. Une nouvelle ère sombre s'annonce.

Je vous le conseille parce que, sans que mon roman soit un roman 100% féministe, j'ai approché certaines problématiques sexistes et misogynes. J'essaie également de faire en sorte que mes personnages soient les moins stéréotypés possible.

 

Donc voilà... Je sais que cet article n'est qu'une goutte d'eau dans un océan d'opinions, mais il me tenait à cœur. Je voulais moi aussi exposer mon point de vue sur ce sujet qu'est le sexisme en fantasy et rappeler que la femme est un être humain comme les autres et que, de ce fait, elle devrait jouer de meilleurs rôles dans les romans. Et que les autrices devraient recevoir les mêmes considérations que les auteurs parce que leurs romans ne sont ni pires ni meilleurs que ceux que les auteurs écrivent.

Crédit photo : Jasaon Chan pour Magic The Gathering.

Commentaires

J'adhère à ton analyse

Et je regrette souvent ces stéréotypes de personnages ou d'histoire (la conclusion imposée de la relation entre un héros masculin et sa partenaire d'aventure).

Comme personnage interessant toutefois je signale:

La Dame, dans "les anales de la compagnie noire". Grande méchante au départ (sorcière surpuissante à la tête du pays), elle sera déchue, deviendra membre de la compagnie, elle dirigera la compagnie un temps et redeviendra une sorte de déesse pour un autre peuple... en résumé, un personnage qui évolu et qu'on cerne difficilement tout au long du cycle.

 Monza Murcatto, dans "servir froid" de joe abercrombie, plutot "badass" mais pas complétement. Un personnage meurtri comme tous les personnages d'abercrombie.

Les personnages féminins des "aventuriers de la mer" de Robin Hobb qui ont toutes une destinée compliquée et sont des héros à part entière de l'histoire...et qui évoluent au fil de cette histoire.

Aaaaaaah ! Tu me donnes encore plus envie de lire les Annales de la compagnie noire ! ^_^"

Merci pour ton commentaire en tout cas smiley

Merci pour cet article !

On te demande vraiment de mettre ensemble Neph et Shéa? Mais !! Comment est-ce possible à ce stade-ci?! 
Je trouve que la compagne de Neph est géniale et j'aime le couple qu'ils forment. Et puis Shéa, il y a quelqu'un d'autre qui peut être intéressant pour elle là... peut-être ! :D

J'aime bien que tu ais mis la Belle au Fuseau ! Je suis fan de Neil Gaiman, il a souvent des personnages féminins très intéressants. D'ailleurs dans Stardust, le capitaine du bateau chasseur d'éclair est une capitaine ! Il n'y a presque que des personnages féminins dans ce livre.

Un livre féministe que je conseillerais à tout le monde, The Lie Tree / L'île aux mensonges de Frances Hardinge. Il est très bien écrit (je ne sais pas ce qu'il en est au niveau de la traduction), il n'y a pas de romance inutile et un beau message pour les jeunes filles pour leur donner le courage de se lancer dans ce qui les passionne malgré les préjugés et les pressions sociales qui voudraient les diriger vers autre chose. C'est dans un contexte d'Angleterre victorienne, où les femmes avaient beaucoup moins de liberté, mais ça n'en reste pas moins actuel comme message !

Je te jure ! C'est LA polémique autour du livre ! Je n'aurais jamais cru que ça puisse arriver à ce point-là ! XD

Il faudrait que je relise Stardust, ça fait longtemps que je l'ai lu. J'ai revu le film assez récemment par contre...

Merci pour ta recommandation de lecture smiley

Merci pour cette réflexion très intéressante ! Quand j'ai écrit "Balade avec les Astres" (ça remonte un brin : 1999/2000), on me disait que le féminisme n'avait plus lieu d'être en Occident et j'avais l'impression d'être une extraterrestre à voir tout ce qui me semblait injuste et inégalitaire entre les hommes et les femmes... Parler de féminisme dans un autre univers, c'était un bon moyen de mise à distance du lecteur pour mieux dénoncer ces inégalités.
En tout cas, merci pour cet article. Et puis voir mon premier roman présenté en même temps que Pullman... Ouhaou l'émotion !

C'est vrai que le discours a énormément changé en 15-20 ans. Et c'est tant mieux !

Je me rappelle encore de la réaction de mon entourage quand je m'insurgeais sur le fait que les femmes gagnaient 30% de moins que les hommes pour un travail égal et que tout le monde haussait les épaules en me disant : "C'est comme ça, c'est tout" comme si c'était une fatalité.

Ton article était encore une fois énormément intéressant.Personnellement, je pense que pour que les hommes et les femmes soient égaux en droits, il faut que tout le monde soit représenté au meme niveau. Dans le Seigneur des Anneaux, je ne m'étais jamais rendu compte du statue de Galadriel. Merci à toi et bonne lecture :)

C'est clair ! smiley

Si dans la littérature et dans la langue on a des inégaités, dans les esprits on en aura aussi.

Houla,je débarque au beau milieu d une manif ni pute ni soumise! Hier soir encore,en voyant mon frère faire la poussière en tenue de soubrette,j ai dit à ma femme:" chérie,je crois que le monde est en train de changer..." Ce à quoi elle a répondu: ferme la, ramène moi une Jupiler et va étendre la lessive!" C est vrai que quand elle regarde le foot on ne peut rien lui dire...

Et après tout ces stéréotypes, comment tu vois l héroïne idéale?

 

Ni pute ni soumise ! wink

En gros, une femme, tout simplement. Le courage, la force de caractère, la persévérance, les arts martiaux, etc. ne sont pas l'apanage des hommes.
Je n'ai pas de stéréotype d'héroïne idéale (ni de héros idéal, d'ailleurs). Je pense que le caractère des personnages dépend surtout de l'histoire dans laquelle on les met.

Superbe article ! Je l'ai partagé sur ma page d'auteure. 

Merci ! laugh

Bonjour !

D'abord, merci beaucoup pour ton blog et tes articles qui sont d'une richesse formidable ^^ Si je reviens sur cet article, c'est parce qu'un point me titille beaucoup : celle que tu décris comme la "femme-homme".

Pour moi se débarrasser des stéréotypes de genre, et c'est ma propre approche, c'est penser les personnages de façon presque "asexuée". Ne pas reléguer telle caractéristique à un homme ou à une femme forcément, mais constituer leurs traits de caractère selon la façon dont cela va servir l'histoire pour ensuite en faire un homme ou une femme de façon presque indifférenciée (j'extrapole, évidemment, mais c'est pour faire comprendre l'idée).

Je trouve ta définition de la "femme-homme" à éviter fort dommage, parce que j'ai l'impression que ça fait tomber dans l'autre extrême de se dire "ah mais non, ça se sont des caractéristiques d'homme !" et ainsi de basculer dans le stéréotypage (du verbe stéréotypager u_u) de l'homme. Pour reprendre ton exemple, pourquoi les caractéristiques de cruauté, froideur, maniage d'épée, seraient forcément des caractéristiques d'homme ? Pourquoi une femme ne pourrait pas l'être sans forcément qu'on la rattache à quelque chose de masculin ? Parce que cela fait partie du stéréotype de l'homme, on ne peut pas s'en débarrasser pour en faire quelque chose de plus large, des traits de caractéristiques simplement humains ? Je trouve que cette démarche d'éviter les "femme-homme" continue à entretenir le clivage homme/femme beaucoup trop marqué en fait :/

Voilà. C'est une quelque chose qui m'interroge réellement, parce que je suis tombée sur une vidéo récente qui parlait du même sujet et qui relevait aussi cette femme-homme à éviter, d'où mon interrogation.

Merci !

Je suis d'accord avec toi sur le fait que certaines qualités comme certains défauts ne sont pas l'apanage d'un genre ou de l'autre. Je te renvoie d'ailleurs à ma réponse au commentaire de Zalyus et à mon article Top 5 des personnages féminins en fantasy à la fin duquel j'explique ma manière de penser mes personnages.

Dans cet article-ci, Les femmes et la fantasy, je n'ai pas parlé de ma manière de voir les choses mais de la manière générale dont la société actuelle voit les personnages.
Dans les mentalités actuelles, il y a (encore) des thèmes qui sont associés aux hommes et d'autres aux femmes. Mais, le fait qu'une femme soit douée au maniement de l'épée, par exemple, n'est pas ce que je souligne dans l'article. Tous les personnages féminins qui savent combattre ne sont pas des "femmes-hommes".

Ce que je définis comme étant des "femmes-hommes", ce sont ces personnages de femmes dites badass qui se comportent "comme des hommes" dans un "monde d'hommes" (en tout cas, ce qui est montré comme étant un "monde d'hommes" dans l'univers considéré) ET qui sont meilleures que tous ces hommes réunis. Ce que je reproche aux personnages de "femmes-hommes" c'est la surenchère constante et l'hyper-sexualisation de ces personnages (parce qu'elles sont rarement moches et, à cause de leurs "qualités", elles sont souvent l'objet de convoitises sexuelles, comme si coucher avec elles étaient une forme de trophée). De plus, il faut prendre en compte le contexte dans lequel on les met : ces personnages sont toujours des exceptions de la gente féminine en plus d'être des exceptions extraordinairement dans leur domaine d'expertise.

L'exemple le plus flagrant c'est celui de la princesse Leia dans les Star Wars : elle est vachement balèze, mais ce n'est pas une "femme-homme" pour autant. Elle est juste assi balèze que les gars avec qui elle fait équipe, ni plus, ni moins. De même, une femme avec un blaster n'est pas quelque chose d'excpetionnel dans le contexte de Star Wars. Il n'y a pas de surenchère autour de son personnage.

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