FAQ #8 : Comment trouver une bonne idée de roman et éviter le plagiat ?


Aujourd’hui, je continue de répondre aux questions que vous m’avez posées en abordant les sujets épineux du potentiel d’une idée, de la clarté d’explication et du plagiat.

Comment savoir si une des histoires qui me trottent dans la tête mérite que j’y passe beaucoup plus de temps ?

Il est très difficile de savoir, dès le départ, si une idée mérite plusieurs mois, voire plusieurs années de travail. Une idée de roman prometteuse ne se reconnaît pas au premier coup d’œil : elle se révèle avec le temps et en la travaillant un minimum.

Pour évaluer son potentiel, je conseille généralement de procéder en trois étapes :

  • Laissez l’idée décanter : Si elle continue de vous revenir régulièrement en tête après plusieurs semaines ou plusieurs mois, c’est souvent le signe qu’elle a quelque chose à raconter. À l’inverse, certaines idées qui nous paraissaient extraordinaires sur le moment finissent par disparaître d’elles-mêmes.
  • Faites un pré-développement : Avant de vous lancer dans l’écriture, prenez le temps d’explorer votre idée : les personnages, le conflit, les enjeux, les thèmes, les embryons d’intrigue… Cet exercice permet de voir si elle possède suffisamment de matière pour porter un roman. J’explique cette méthode plus en détail ici : 4 étapes pour évaluer le potentiel d’une idée de roman.
  • Écoutez votre envie : La meilleure idée du monde ne vous mènera pas bien loin si vous n’avez pas envie de passer des centaines d’heures en sa compagnie. À l’inverse, une idée imparfaite mais qui vous passionne a toutes les chances de devenir un excellent projet, parce que vous aurez envie de l’explorer en profondeur.

Enfin, gardez en tête qu’une idée n’est jamais perdue. Si vous découvrez qu’elle ne suffit pas à soutenir un roman entier, cela ne signifie pas qu’elle est mauvaise ou qu’il faut l’abandonner. Vous pouvez la mettre de côté, l’associer à une autre idée ou l’intégrer à un projet futur. C’est d’ailleurs l’une des meilleures façons de gérer son flot d’idées sans s’éparpiller : conserver toutes ses idées, puis les laisser mûrir jusqu’à trouver le projet auquel elles appartiennent vraiment.

Comment faire pour rendre une idée claire pour tous dans un texte ?

Pour qu’une idée soit claire dans un texte, il faut d’abord qu’elle soit claire dans votre propre esprit.

Le meilleur moyen d’y parvenir est souvent de l’expliquer à quelqu’un. Que ce soit à l’oral ou à l’écrit, le simple fait de mettre des mots sur une idée permet de repérer les zones floues, les incohérences et les raccourcis que notre cerveau comble tout seul.

Si vous n’avez personne à qui en parler, écrivez-la comme si vous la présentiez à un inconnu. Vous pouvez aussi rejoindre L’Académie, le serveur Discord dédié à la communauté d’auteurs et d’autrices de Monde Fantasy pour échanger avec d’autres passionné-e-s et confronter vos idées à un regard extérieur.

Comme l’écrivait Nicolas Boileau :

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément.

Cette citation résume parfaitement le problème : lorsqu’une explication est confuse, c’est souvent parce que la pensée qui la sous-tend l’est aussi.

Une fois votre texte rédigé, faites-le lire. L’alpha-lecture, pendant l’écriture du premier jet, permet de vérifier que vos intentions sont bien comprises avant d’aller trop loin. Puis la bêta-lecture, après une première phase de corrections, vous aide à repérer les passages qui restent ambigus ou qui prêtent à confusion.

Écrire est un exercice solitaire, mais rendre un texte clair est un travail collectif. Rester seul-e face à son manuscrit, c’est risquer de tourner en rond dans son propre raisonnement. Les échanges avec d’autres sont souvent le fil d’Ariane qui permet de sortir du labyrinthe de nos pensées.

Je m’inspire beaucoup de ce que je connais et j’aimerais savoir quelle est la limite je ne veux pas faire de plagiat, des fois je me dis “tiens mais ça, ça a déjà été fait” et même si je l’amène autrement je me demande si ça ira ?

C’est une inquiétude que presque tous les auteurs et toutes les autrices connaissent un jour : « Et si cette idée existait déjà ? »

La première chose à savoir, c’est qu’une idée, un concept ou un thème ne peuvent pas être protégés. Ce qui est protégé par le droit d’auteur, c’est la manière dont cette idée est exprimée : le texte lui-même.

En d’autres termes, le plagiat consiste à s’approprier le travail d’un autre sans autorisation ni attribution, pas à raconter une histoire qui repose sur une idée similaire.

Heureusement, les idées ne sont pas une ressource limitée. Deux écrivain-es peuvent partir du même point de départ et écrire deux romans totalement différents, parce qu’ils et elles n’ont ni la même sensibilité, ni les mêmes personnages, ni les mêmes thèmes, ni la même façon de raconter une histoire.

D’ailleurs, la littérature est remplie de récits qui reprennent les mêmes grandes idées : des quêtes, des histoires d’amour impossibles, des écoles de magie, des royaumes en guerre, des prophéties… Ce qui les différencie les unes des autres, ce n’est pas le concept de départ, mais le regard que chaque auteur et autrice porte sur lui.

J’aime beaucoup cette citation d’Asha Dornfest :

Je pense que les nouveaux écrivains sont trop inquiets que tout ait déjà été dit. Bien sûr que tout a déjà été dit, mais pas par vous.

Si vous apportez votre propre voix, votre propre expérience et votre propre manière de raconter, vous ne faites pas du plagiat : vous écrivez votre histoire. Et c’est précisément cela que les lecteurs et les lectrices viennent chercher.

À lire aussi : L’Originalité en Fantasy

Voilà ! C’est tout pour aujourd’hui 😉


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