Les runes d’Honorius et les symboles alchimiques


Aujourd’hui, on continue sur notre lancée des alphabets magiques avec les runes d’Honorius et les symboles alchimiques.

Ces deux alphabets sont un peu particuliers et diffèrent du Futhark et de l’Ogham que nous avons vus il y a 2 semaines.

Les runes d’Honorius

L’ensemble des runes d’Honorius est plus connu sous les noms de « alphabet thébain » ou « alphabet des sorcières ».

Tout d’abord, il faut savoir que c’est un abus de langage d’appeler les caractères de cet alphabet des runes. Les runes ne désignent, normalement, que les caractères du Futhark, c’est-à-dire de l’alphabet viking. Il serait plus correct d’appeler les caractères de l’alphabet thébain les glyphes d’Honorius.

Cet alphabet est apparu pour la première fois au XVIe siècle dans l’ouvrage Polygraphia (1518) écrit par Johannes Trithémius, un moins bénédictin passionné d’ésotérisme. Dans cet ouvrage, l’auteur attribue la création de cet alphabet à un certain Honorius de Thèbes, dont on ne sait toujours pas, à l’heure actuelle, s’il a réellement existé.

Contrairement aux runes et aux oghams, les glyphes d’Honorius n’ont aucune valeur d’idéogrammes. Il ne s’agit que d’un alphabet dont chaque caractère représente un son, exactement comme l’alphabet romain, grec ou cyrillique. Son surnom d’alphabet des sorcières lui vient du fait qu’il est très utilisé par les wiccans pour coder leurs livres des ombres et leurs grimoires.

Mais si cet alphabet n’a rien de particulier, alors pourquoi vous en parler ? me demanderez-vous.

Tout simplement pour vous donner un exemple d’alphabet qualifié de magique juste parce qu’il est utilisé pour coder des grimoires, et donc des formules magiques. Même si les lettres ne sont pas porteuses d’un pouvoir propre (à moins que vous n’en changiez la règle, mais je vous en parle dans 2 semaines), elles peuvent simplement permettre aux thaumaturges de se comprendre entre eux. C’est l’exemple type d’un alphabet secret destiné à la pratique de la magie.

(bon… même si cet alphabet-ci n’est plus si secret au XXIe siècle puisqu’on trouve son décodage sur Wikipédia…)

Voici le tableau reprenant les glyphes d’Honorius et leur décodage :

Les symboles alchimiques

Si les symboles alchimiques ont d’abord été créés pour expliquer les expériences et les réactions (al)chimiques menées par les alchimistes, ils ont fini par servir de code.

L’alchimie étant considérée pendant longtemps comme un travail occulte et donc maudit, les alchimistes devaient conserver le secret sur leur travail. De plus les alchimistes eux-mêmes considéraient leur travail comme sacré et se refusaient à ce que leurs secrets tombent dans les mains d’un peuple qui n’y comprendrait rien ou dans celles de personnes mal intentionnées.

De ce fait, le plus gros de l’enseignement de l’alchimie se faisait oralement. Les écrits, quand il y en avait, étaient codés. C’est le cas, par exemple, du Mutus Librer, ou Livre Muet, un ouvrage de philosophie hermétique datant du XVIIe siècle.

Dans ces ouvrages codés, les signes utilisés pouvaient autant représenter des composés ou des processus qu’être des métaphores d’états. Par exemple : le soufre désignait des propriétés dites actives comme la combustion, le pouvoir d’attaquer les métaux… Le mercure, quant à lui, symbolisait des propriétés dites passives comme l’éclat, la volatilité, la malléabilité…

La langue secrète des alchimistes fonctionnait sur le principe de rébus ou de jeux de mots basés sur des sons. Cette méthode cryptographique permettait de faire passer le contenu des ouvrages alchimiques comme incompréhensible ou hors de propos pour les profanes. Par exemple : la phrase « n’être compris que par des saints » pouvait se comprendre par « n’être compris que par desseins ».

Dans le cas de ce langage, les symboles alchimiques sont comparables aux hiéroglyphes. C’est-à-dire qu’ils peuvent autant caractériser des sons que des idées et des concepts. Et, à l’instar des hiéroglyphes, les symboles alchimiques peuvent être vus comme une écriture figurative, à savoir des symboles représentant de manière plus ou moins stylisée un objet.

Je vous invite à découvrir l’article de René Ponot paru dans la revue Communication et langages dans lequel il décode certains de ces symboles : Les Signes alchimiques de René Ponot.

C’est tout pour cette semaine ! J’espère que l’article vous a plu ! Dans deux semaines, je vous donne des pistes pour créer votre propre alphabet magique.

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