Les chevaux : le harnachement (2/3)


Comme promis la semaine dernière, dans l’article introductif à propos des chevaux, aujourd’hui, je vous parle du harnachement.

Concrètement, qu’est-ce que le harnachement ?

Le harnachement du cheval est l’ensemble des pièces qui servent à équiper un cheval domestique pour le travail, le sport ou les loisirs : selles, mors, étriers, filets, harnais et différents enrênements.

Je ne rentrerai pas dans les détails, je ne ferai qu’aborder les principales pièces afin de ne pas vous surcharger de données. Je n’aborderai pas non plus les attelages (fiacre, chariot, calèche,…).

Si vous souhaitez que je fasse un article complémentaire à propos des attelages, dites-le moi dans les commentaires ! Dites-moi aussi s’il y a des points précis que vous voulez que j’aborde comme me l’a demandé Aurélie dans les commentaires de l’article de la semaine dernière.

Les brides

La bride, également appelée filet ou bridon, est un harnais placé sur la tête d’un cheval permettant de le diriger grâce à un ensemble de lanières, en cuir ou en matériaux synthétiques, et qui sert à maintenir le mors en place dans la bouche du cheval.

Le mors est une pièce de harnachement, le plus souvent métallique, insérée dans la bouche du cheval. En complément avec le filet ou la bride et équipé de rênes, il permet à un cavalier de contrôler la vitesse et la direction de sa monture grâce à ses mains. Il existe de nombreux modèles de mors différents. Dans la bouche du cheval, le mors se place à un endroit où il n’y a pas de dents : la barre.

Wikipedian Prolific, vectorization process by Wilfredor This W3C-unspecified vector image was created with Inkscape., CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

La bride simple ou filet

La bride simple ne compte qu’une seule paire de rênes. Cette bride exerce une pression vers le haut dans les commissures de la bouche et en travers de la mâchoire, lorsque la tête est un peu en avant de la verticale. Le canon du mors repose sur les barres, entre les molaires et les incisives. les types d’embouchures varient selon les besoins du cavalier.

La double bride ou bride complète

La double bride compte deux paires de rênes. Cette bride exerce des pressions complexes permettant de maintenir un port de tête équilibré. Elle est particulièrement adaptée aux chevaux de dressage, permettant une finesse de contrôle inégalée avec les autres brides. Le mors de filet sert à relever la tête, tandis que le mors de bride rétracte les naseaux.

La bride western

La bride western ne compte qu’une seule paire de rênes. Cette bride dépend uniquement de l’action de l’embouchure, les différents types de rênes n’étant que des variantes secondaires. La bride western est l’apogée d’un système impliquant l’emploi progressif de muserolles soigneusement équilibrées, le contrôle étant transféré vers le mors. Cette méthode est dérivée de l’équitation ibérique et a été importée en Amérique par les conquistadores. Bien que le mors soit potentiellement rude, les chevaux de dressage peuvent être dirigés avec un minimum d’indications fournies par la main du cavalier.

Le hackamore

Le hackamore ne compte qu’une seule paire de rênes. Il s’agit d’un type particulier de bride qui n’a pas de mors. Il est composé d’une muserolle qui travaille par points de pression sur le chanfrein et le menton du cheval. Il ne passe pas dans la bouche et permet à l’animal de s’abreuver et de se nourrir sans être gêné.

Il est le plus souvent associé à l’équitation western et d’autres styles dérivés des traditions espagnoles. Les différents hackamore sont aussi très populaires pour l’endurance et la randonnée équestre. Bien que généralement utilisés pour le dressage des jeunes chevaux, ils sont équipés sur des chevaux adultes ayant des problèmes dentaires qui rendraient l’usage d’un mors douloureux et sur des chevaux dont les blessures à la bouche ou la langue seraient aggravées par un mors. Certains cavaliers les utilisent en hiver pour éviter de mettre un morceau de métal gelé dans la bouche du cheval.

Il est intéressant de noter que les brides n’ont pas réellement évoluées depuis le Moyen-Âge. Les évolutions notables se font principalement au niveau du mors : avant, ils étaient surtout constitués de bronze, à l’heure actuelle, ils sont en acier inoxydable.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les différents types de mors, je vous invite à consulter l’excellent guide des embouchures réalisé par Pôle Équitation.

Les selles

La selle est un objet, en cuir ou synthétique, placé sur le dos du cheval et sur lequel le cavalier se place. Il existe beaucoup de types de selles différentes (cf. la liste citée par Wikipedia) mais je n’aborderai que les principales.

La selle anglaise

La selle anglaise est la selle la plus courante car la plus polyvalente. L’arçon (l’armature) peut être de bois ou en matière plastique avec des ressorts ou un capitonnage de mousse plastique.

La selle western

La selle western est celle qui ressemble le plus à la selle médiévale. Elle dérive de la selle apportée en Amérique par les colons espagnols, qui les ont alors adaptées aux besoins locaux. Bien que lourde, elle est confortable pour les longs parcours et adaptable à presque tous les chevaux, sans risquer de leur léser le dos car elle est longue et large, ce qui permet de bien répartir le poids de la selle et du cavalier. Divers passants et lanières permettent de fixer tout l’attirail du cow-boy.

La selle d’amazone

La selle d’amazone est apparue en Europe au XIVe siècle. « Monter en amazone » signifie chevaucher avec les deux jambes du même côté du cheval. Cette selle est composée d’un seul étrier à gauche, en général, et de deux fourches à gauche autour desquelles on enroule ses jambes, la gauche en dessous et la droite au-dessus. Le mollet droit repose sur une avancée de cuir : le garde-jambe. Cette selle est conçue pour que les femmes puissent monter à cheval tout en étant en robe.

La selle médiévale

Source : Les Guerriers du Moyen-Âge

La selle médiévale ressemble à la selle romaine dite « à quatre cornes ». Le développement de l’arçon rigide est important, outre la sécurisation du cavalier sur le dos du cheval, il permet de réduire la pression exercée par centimètre carré sur les parties du dos du cheval, ce qui augmente considérablement le confort du cheval et prolonge son utilisation. Les chevaux peuvent porter un poids plus important lorsque celui-ci est réparti via un arçon solide, et le développement de l’arçon accroît la sécurité à cheval. Dès le XIIe siècle, où la selle haute de guerre devient plus commune, le cavalier est mieux protégé et sécurisé, le haut troussequin travaillé dans la selle de bois rigide lui permet d’utiliser la lance beaucoup plus efficacement.

Les armures

Durant les batailles, il était important de protéger sa monture. Ainsi, les chevaux pouvaient également avoir une armure afin de les protéger des coups de lance et d’épée.

Le chanfrein

Le chanfrein est conçu pour protéger les parties fragiles de la tête du cheval, notamment ses yeux et, comme le nom l’indique, son chanfrein. Parfois, le chanfrein métallique inclut des charnières entre les plaques. Une décoration commune à de nombreux chanfreins est une rondelle ornée d’une petite pointe évoquant une corne de licorne. Le chanfrein trouve son origine dans l’ancienne Grèce mais il disparut de l’usage militaire jusqu’au XIIe siècle, lorsque les plaques de métal remplacèrent le cuir bouilli pour la protection des chevaux de guerre. La conception de base du chanfrein est restée stable jusqu’à ce que l’artillerie du XVIIe siècle rende la barde complètement obsolète, bien que des exemples plus tardifs de chanfreins décoratifs soient remarquables. Le chanfrein couvrait la tête du cheval de l’oreille à ses naseaux. Un grillage couvrait souvent les yeux de l’animal mais certains chanfreins ne les protégeaient pas entièrement. Des extensions métalliques pouvaient aussi recouvrir les joues du cheval, elles étaient couramment utilisées lors des tournois de joutes équestres.

Le caparaçon

Le caparaçon peut être de 2 types : d’ornement ou de protection. Dans le cas d’un caparaçon de protection, on parle plutôt de barde (v. point suivant).

Le caparaçon d’ornement est une housse dont on revêt les chevaux montés ou attelés dans les cérémonies. Il peut également être un tablier de cuir, de laine, etc., destiné à protéger le dos du cheval contre la pluie, les mouches, etc.

La barde

La barde est l’ensemble des différentes pièces d’armure destinées à protéger un cheval sur un champ de bataille. Ce type de protection fut surtout développé à la fin du Moyen Âge pour protéger la cavalerie lourde des tirs ennemis pendant ses charges. À cette époque, alors que l’armure des chevaliers était devenue très efficace, leurs montures constituaient leur point faible et devinrent les cibles des attaques ennemies. Cette tactique fut utilisée par les archers anglais pendant la guerre de Cent Ans. La barde constitue une réponse à cette tactique.

La barde est constituée de différentes pièces :

  • le chanfrein qui protège la tête,
  • la barde d’encolure qui protège le cou du cheval. Elle se compose de deux ensembles de lamelles articulées et fixées les unes aux autres par des rivets. L’un de ces ensembles recouvre le haut de l’encolure du cheval (sa crinière) et l’autre le dessous,
  • la barde de croupe qui protège l’arrière du cheval. Elle peut être fabriquée à partir d’une combinaison de cuir, de chaînes ou de plaques,
  • les flançois qui protègent les flancs, se fixent sur le côté de la selle, puis autour de l’avant ou de l’arrière du cheval et sur la selle à nouveau. Ils semblent avoir été constitués de plaques de métal ou de cuir riveté et, dans certains cas, de cuir bouilli. Ils ont parfois des ouvertures conçues pour permettre au cavalier d’utiliser ses éperons,
  • le plastron qui protège le poitrail du cheval tandis que la barde de croupe protège l’arrière. Il arrivait qu’il soit tendu depuis la selle.

La cataphracte

La cataphracte est une protection à écailles, inventée et portée par les peuples nomades iranophones des steppes situées près de la Mer Noire. Les écailles peuvent être de corne, de bronze, de fer ou de cuir. Elles sont lacées entre elles et fixées sur un vêtement (broigne) de manière à ce qu’elle se chevauchent pour ne laisser aucun espace.

Exemples de laçage d’écailles :

Comme d’habitude, j’espère que cet article vous a plu ! N’oubliez pas de me dire si vous désirez que je fasse un article complémentaire à propos des attelages.

Avant de se quitter, j’aimerais vous préciser que la semaine prochaine je serai en visite chez mes parents à Bruxelles, je n’aurai pas le temps de faire les recherches nécessaires pour la 3ème partie de l’article à propos des chevaux. Cette troisième partie arrivera la semaine d’après, c’est-à-dire le vendredi 26. Ce qui vous laisse plus de temps pour me dire ce que vous voulez que j’aborde dans cette troisième partie.

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