Les Épées


Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un sujet qui me tient assez à cœur : les épées.

En réalité, cet article fait partie d’une série qui a pour sujet les armes en général. Dans cette série, j’aimerais aborder notamment les sabres, les armes à feu, les armes de jet, les armes d’hast et, si j’y arrive, les engins de siège et les « autres » armes comme les gourdins, les bâtons, les éventails et les poêles.
Cela vous tente-t-il ?

J’avais envie d’aborder ce sujet sur le blog parce que, d’une part, j’ai fait quelques recherches pour mon roman et je me suis dit qu’il serait agréable de les partager avec vous, mais également car, à l’instar des supports d’écriture, j’ai croisé beaucoup d’incohérences dans mes lectures et beaucoup d’incompréhension de la part de certains lecteurs.

Ainsi, le terme épée ne désigne pas une arme mais une catégorie d’armes au même titre que armes d’hast ou encore sabre.

Par cette série d’articles, j’aimerais donc éclairer nos lanternes (parce que moi aussi j’apprends plein de choses en écrivant mes articles 😉 ) afin de comprendre les différences entre tous ces bouts de ferraille qui coupent.

Qu’est-ce qu’une épée ?

Voici quelques petites définition parce que ça fait longtemps ! 😉

Une épée est une arme formée d’une longue lame d’acier aiguë, parfois triangulaire, mais le plus souvent à deux tranchants, emmanchée dans une poignée munie d’une garde, et que l’on porte au côté gauche dans un fourreau fixé à un ceinturon ou à un baudrier.

Le terme épée désigne également l’ensemble des armes descendant du glaive romain.

Ce qui différencie principalement un sabre d’une épée est le nombre de tranchants : une épée a au moins 2 tranchants là où le sabre n’en a qu’un seul.

Une épée est une arme avec laquelle on peut frapper aussi bien d’estoc (coup porté dans l’axe de l’épée pour transpercer son adversaire) que de taille (coup portée avec le fil [l’arête tranchante] de l’épée).

Une épée est composée de :

  • La lame : la lame d’une épée mesure au moins 30cm et est elle-même composée du fil (les parties tranchantes) et du plat (la partie plate), mais aussi du fort (partie de la lame plu épaisse et destinée à recevoir la lame adverse dans les techniques de déviations des frappes adverses) et du faible (partie de la lame plus la plus effilée de la lame, utilisée pour la taille lorsque le type de l’épée le permet, ainsi que pour les entailles).
    La gouttière permet d’alléger la lame, mais la fragilise un peu, néanmoins.
    Certaines lames plus longues sont munies d’un ricasso qui consiste en une partie du fort de la lame non affutée, qui sert, selon la taille de l’arme, soit à placer une main, soit l’index, en avant de la garde.
  • La garde : la garde sert à protéger la main, elle peut être constituée soit de deux quillons perpendiculaires au corps de l’épée et donnant la forme d’une croix, soit d’une coquille, généralement en demi-sphère, qui enveloppe la main, soit des deux. On peut aussi avoir un capuce qui est un arc de cercle reliant la coquille au pommeau. Elle peut avoir des formes décoratives, et parfois inclure des ornementations supplémentaires (diamants incrustés, couleurs…).
  • La poignée : la poignée est la partie de l’épée par laquelle on la saisit et on la manipule, elle peut être en bois (deux demi coques de bois recouverte de cuir) ou simplement enroulée dans des bandelettes de cuir.
  • Le pommeau : le pommeau sert de butée, évitant que la main glisse de la poignée. Il peut aussi servir à l’occasion pour porter un coup. Les pommeaux sont généralement fait de bois. Ils ne servent pas alors de contrepoids, qui réduirait la puissance des coups de taille et en ferait une arme aisément balayée sur le côté par un adversaire.
anatomie d'une épée

Le symbolisme de l’épée

Il m’était impossible de vous parler d’épées et de ne pas au moins mentionner son importance symbolique.

Quelles que soient les époques et les cultures, l’épée a toujours été un symbole fort et a participé à véhiculer beaucoup de mythes et légendes. Je pense à la légendaire Excalibur ou encore à Durandal, l’épée de Roland.

  • d’appartenance sociale : pendant longtemps, l’épée était l’arme réservée aux chevaliers, par la suite, elle est devenue l’arme de la noblesse. Dans plusieurs cultures, les non-nobles n’avaient pas le droit de porter une épée.
  • militaire : d’un point de vue militaire, l’épée est un symbole de bravoure et de puissance.
  • de justice : l’épée possède la capacité de pouvoir trancher entre le vrai et faux, entre le mensonge et la vérité.
  • initiatique : l’épée étant considérée comme le prolongement du chevalier, allant jusqu’à être nommée, elle est considérée comme la porteuse du savoir et la guide qui mènera le chevalier vers la sagesse.
  • divin : de par sa forme de croix à l’époque médiévale, l’épée est longtemps considérée comme l’arme que Dieu a donné aux mortels pour transmettre sa parole et pour défendre les chrétiens. Mais elle est également souvent investi d’un pouvoir divin comme c’est le cas pour Excalibur. L’épée représente également un lien entre le ciel et la terre, matérialisant d’une certaine façon les éclairs, pouvoir divin par excellence.
  • alchimique : en alchimie, l’épée est un symbole de pureté absolue.
  • spirituel : dans les cultures asiatiques (Japon, Chine, Inde, Corée), l’épée (ou le sabre, c’est selon) est considérée comme le réceptacle de l’âme d’un guerrier.

Différents types d’épées

Cette liste est, bien entendu, très loin d’être exhaustive, mais je voulais tout de même vous présenter quelques types d’épées différents :

Le glaive

Le glaive est une épée courte principalement utilisée par les légionnaires romains à partir du IIIe av. J.-C.
Poids : de 0,6 à 1,5 kg
Longueur totale : de 60 à 90cm
Longueur de la lame : de 40 à 60cm

L’épée de chevalier

Il s’agit de l’épée la plus répandue entre les XIe et XIIIe en Europe. C’est ce que l’on s’imagine habituellement quand on pense à une épée.
Poids : +/- 1,1 kg
Longueur totale : +/- 90 cm
Longueur de la lame : +/- 75 cm

La broadsword

La broadsword est une large épée écossaise du XVIe siècle principalement caractérisée par un panier, sorte de coque capitonnée de velours, recouvrant la main sur la poignée.
La broadsword était l’arme de prédilection des guerriers écossais. En effet, contrairement à l’opinion courante, la claymore n’est pas l’arme du guerrier écossais. Lourde et longue, elle était réservée aux Highlanders, grands et forts, habitués à porter de lourdes charges et à manier de telles armes.
Poids : +/- 1,1 kg
Longueur totale : +/- 105 cm
Longueur de la lame : +/- 90 cm

La claymore

La claymore est une large et grande épée à une main et demie ou 2 mains qui était utilisée par les Highlanders, les guerriers écossais.
La poignée se distingue par 2 branches longues souvent terminées par un trèfle à quatre feuilles.
Poids : de 2,2 à 2,8 kg
Longueur totale : de 120 à 140 cm
Longueur de la lame : de 100 à 120 cm

L’espadon

L’espadon (ou Zweihänder en anglais et allemand) est une épée maniée à deux mains, développée en Europe centrale et de l’Ouest et très appréciée des lansquenets et des gardes suisses, demeurée en usage du XVe au XVIIe siècle. Elle possède généralement un ricasso et des quillons.
Poids : de 2 à 4 kg
Longueur totale : plus de 170 cm
Longueur de la lame : de 120 à 170 cm

L’épée bâtarde

L’épée bâtarde est appelée ainsi car elle n’est ni une épée à une main, ni une épée à deux mains, c’est une épée à une main et demi. Très appréciée entre 1350 et 1550, elle est dérivée des épées longues (épées à deux mains) et finit par remplacer totalement celles-ci.
Poids : de 1,2 à 1,6 kg
Longueur totale : de 110 à 140 cm
Longueur de la lame : de 90 à 120 cm

La flamberge

La flamberge désigne un type de lame qui présente une ondulation sur les deux tranchants. Cette conception avait la réputation de faire vibrer la lame adverse d’une façon dérangeante et de causer plus de dégâts dans le corps de l’adversaire. Seules quelques rapières et des espadons en ont bénéficié de manière plus qu’anecdotique.

La rapière

La rapière est une épée longue et fine, à la garde élaborée, à la lame flexible, destinée essentiellement aux coups d’estoc. Même si elle n’est pas faite pour trancher un homme en deux, elle est affûtée et peut causer de sérieuses entailles si un coup à la volée atteint l’adversaire. Seules les épées de cour (et certaines grandes épées de guerre du XVe ou XVIe siècle) ont des lames uniquement destinées à l’estoc, lames qui sont d’ailleurs de section ronde, carrée, triangulaire ou de toute autre forme qui la prive de tranchant.
Poids : +/- 1 kg
Longueur totale : +/- 120 cm
Longueur de la lame : +/- 104 cm

La canne-épée

La canne-épée est une canne creuse armée d’une lame intérieure fixée à la poignée.
Son utilisation était très répandue durant la période révolutionnaire et au XIXe siècle.

Le jian

Le jian est une épée longue chinoise utilisée dans kung-fu shaolin. Elle fait partie des quatre armes de base en art martial chinois (avec le bâton, la lance et le sabre).
Poids : +/- 1 kg
Longueur totale : de 65 à 100 cm
Longueur de la lame : de 45 à 80 cm

Voici une petite image pour que vous puissiez vous faire une idée des tailles de différentes armes, épées et sabres confondus :

J’espère que cet article vous a plu ! Comme d’habitude, n’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous en avez pensé ! 😉

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