Les 10 commandements du chapitre


Je crois que le chapitre est l’élément du récit qui suscite le plus de questionnements et d’inquiétudes chez les jeunes écrivains et écrivaines.

La question de la longueur des chapitres, en particulier, est probablement davantage posée que celle portant sur comment trouver du temps pour écrire.

C’est encore une question que j’ai croisée pas plus tard que ce matin (du jour où j’écris cet article) et elle portait sur la “longueur standard des chapitres”.

Vu le nombre de fois que je vois passer ce genre de questions, qui nécessite toujours la même réponse, je me suis dit qu’en faire un article serait une bonne idée.

Revenons donc sur les 10 commandements du chapitre !

1. Tu ne te fixeras pas de longueur minimale

C’est une pratique que je vois souvent : des écrivains et écrivaines qui se fixent un nombre de mots minimum par chapitre. C’est une pratique d’autant plus courante chez celles et ceux qui publient leurs histoires sous forme d’épisodes sur Wattpad, d’abord pour satisfaire leur public avant de satisfaire les besoins du chapitre.

Se fixer une longueur minimale c’est risquer de tirer un chapitre en longueur pour rien, de broder à outrance et d’ennuyer le lecteur avec des mots inutiles.

2. Tu ne te fixeras pas de longueur maximale

Se fixer une longueur maximale, c’est risquer de se limiter, de ne pas se donner suffisamment de place pour dire ce que l’on a à dire.

3. Tu ne te baseras pas sur une longueur moyenne

ou standard ou générale ou « comme les autres ».

La longueur idéale d’un chapitre, c’est celle qui permet de raconter tout ce qu’il y a à raconter entre le premier et le dernier mot dudit chapitre.

Ne vous basez pas sur une longueur statistique. Chaque chapitre demande à être traité de manière unique et la longueur dépendra de ce que vous aurez à raconter.

L’écriture ne doit pas s’enfermer dans des chiffres, les statistiques ne garantissent pas la qualité d’un livre, ni son succès.

Toutefois, il est vrai que certains types de romans ont tendance à avoir des chapitres plus ou moins longs, mais, dans ce cas, la longueur est inhérente au genre : par exemple, un roman jeunesse aura tendance à avoir des chapitres assez courts.

4. Tu n’as pas besoin qu’ils fassent tous la même longueur

Ça aussi, c’est une question que je croise très souvent : « Est-ce que ça dérange si mes chapitres ne sont pas tous de la même longueur ? » ou sa variante « Est-ce dérangeant d’avoir des chapitres plus longs/courts que les autres ? »

Est-ce que tous les livres que vous avez lus ont tous des chapitres de taille identique ? Je suis sûre que non. Et je suis également persuadée que ça ne vous a pas dérangé-e, ni vous ni les autres lecteurs et lectrices de ces livres. Alors pourquoi il n’en serait pas de même pour votre livre ?

Encore une fois, la bonne longueur d’un chapitre est celle dictée par ce qu’il a à raconter. S’il a plus ou moins à dire que les autres, il sera plus long ou plus court et ce n’est pas un drame. Le tout, c’est qu’il ne soit ni coupé ni rallongé juste pour coller à un canevas.

5. Tu n’as aucune obligation de les titrer

Dans un roman, il n’y a aucune obligation de donner un titre à ses chapitres. Vous n’êtes même pas obligé-e de les numéroter.

6. Tu n’as aucune obligation d’avoir des chapitres

Le découpage en partie est une habitude, pas une loi.

Certains récits, comme les nouvelles, n’ont pas besoin de chapitres pour fonctionner. Il en va de même pour les romans, certains fonctionnent très bien sans chapitrage.

7. Tu écriras des chapitres cohérents

Avant de penser à la longueur des vos chapitres, pensez à leur cohérence. On dit souvent qu’un chapitre doit être construit comme un roman : avec une situation initiale, un élément perturbateur, des péripéties, une résolution et une situation finale. Dans la réalité, ça se passe différemment, mais si vous ne savez comment découper votre histoire en chapitre, c’est une bonne méthode pour commencer.

Un bon chapitre a un début et une fin reliées entre elles par fil narratif logique. Passez-vous de manière fluide et logique du début à la fin ? En dites-vous trop ? Pas assez ? Y a-t-il des longueurs ou, au contraire, des raccourcis ?

8. Tu n’as pas besoin d’un nombre minimum de chapitres pour faire un livre.

Quand j’étais petite, j’étais persuadée qu’un livre devait faire au moins 100 pages et 20 chapitres. Autant vous dire que j’ai lu beaucoup depuis et que j’ai lu des livres de grands écrivains qui comptaient moins de 100 pages et moins de 20 chapitres. Pourtant, ces livres tenaient la route étaient même excellents.

Découper à outrance votre histoire pour coller à un standard que vous vous seriez imposé, c’est risquer de produire un roman avec une impression de saccades.

9. Tu n’as pas besoin d’un nombre maximum de chapitres pour faire un livre.

Encore une fois, ne vous restreignez pas à un carcan prédéfini par on ne sait quels diktats.

Un roman compte le bon nombre de chapitres quand il commence au début et se termine, naturellement, à la fin en racontant toute son histoire.

10. Tu écriras ton chapitre comme bon te semblera

Un bon chapitre, c’est un chapitre qui ne commence pas de manière incongrue et qui ne se termine pas au milieu d’une scène.

Pour le reste, vous êtes libre de faire ce que vous souhaitez et, surtout, d’écrire des chapitres de la longueur qu’il vous plaira !

Pour l’occasion, j’ai réalisé une infographie, n’hésitez pas à la télécharger et à la faire tourner sur les réseaux (et à l’afficher chez vous, si vous le souhaitez 😉 ) :


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