FAQ #2 : Écrire un roman


Aujourd’hui, je réponds à la 2e partie (sur 4) de la FAQ.

Les questions du jour portent sur le thème de l’écriture en règle générale et pas nécessairement orientée vers la Fantasy.

Pour rappel, au vu du nombre de questions que vous m’avez posées, j’ai décidé de les regrouper par thème. Il y a quatre thèmes, à savoir : l’écriture de la Fantasy, l’écriture en général (cet article-ci), le blog et la Fantasy et les questions personnelles.

Pensez-vous qu’on puisse être trop jeune (ou trop vieux) pour se mettre à l’écriture ?

Non. Il n’y a pas d’âge pour se mettre à l’écriture.

Toutefois, il faut garder à l’esprit que lorsque l’on commence à écrire jeune, notre style, notre ou nos genres de prédilection, nos thèmes favoris, etc. peuvent énormément changer avec le temps. Plus on se met à écrire jeune et plus on verra notre écriture évoluer en fonction de notre vécu, de nos lectures, etc.

C’est un sujet que j’avais déjà aborder dans l’article 5 idées reçues à propos de l’écriture.

À l’occasion du Printemps de l’Imaginaire Francophone, j’ai pu découvrir une littérature plus adulte et mature que celle que j’ai l’habitude de lire. Ça m’a fait un peu bizarre au début, mais j’ai beaucoup apprécié. En revanche, je suis surpris par certains passages dans mes lectures qui sont parfois plutôt osés. Non pas que la sexualité ou certains passages me choquent, mais c’est vrai que je ne m’attendais pas à des textes si explicites. D’où ma question : Quelle place pour la sexualité dans la littérature (hors érotique bien entendu), limites et possibilités ?

C’est vrai que dans les littératures young adult et adolescente, la sexualité est un sujet que l’on n’aborde qu’à demi-mot, comme s’il fallait préserver les jeunes prudes et chastes de 15-20 ans, alors que la sexualité est quelque chose de courant dans la vie de tous les jours. Attention, je ne dis pas non plus que les jeunes de 15-20 ans sont des fornicateurs insatiables ! Je dis juste que c’est quelque chose de présent, pas nécessairement d’effectif. Il nous suffit d’ouvrir n’importe quel magazine pour tomber sur une pub hyper-sexualisée (comme des pubs pour des parfums, des voitures, des sodas anciennement à base de cocaïne…). Pour citer mon professeur de biologie : « La sexualité est devenu un facteur social inévitable de notre société, et ce, même pour les jeunes. »

Quant à savoir quelle place la sexualité prend dans la littérature, j’ai envie de répondre qu’elle prend la même place que dans la vie réelle : elle est inévitable. MAIS ! Il y a une manière de la traiter qui empêche de tomber dans la vulgarité ou l’érotisme (voire la pornographie) de manière à ne la considérer que comme un fait dans l’histoire. Sans nécessairement écrire des scènes entières et détaillées de parties de jambes en l’air, on peut installer une certaine tension sexuelle, sous-entendre des instants intimes ou ne placer que des éléments « sexy » (comme une position lascive, des dialogues hot, des blagues salaces…).

De même, il ne tient qu’à nous de définir ses limites et son importance dans nos romans. Il faut également garder à l’esprit que la sexualité gratuite ne servira jamais votre roman (mais c’est la même chose pour tout : l’action, les descriptions, les dialogues…).

En revanche, j’aimerais bien connaître votre opinion à ce sujet : la sexualité est un sujet que je n’ai aucune gêne à aborder en général, mais je n’ai jamais osé le faire sur le blog par peur des réactions (je ne vous le cache pas…). Du coup, j’aimerais savoir si ça vous choquerait que j’aborde des sujets un peu plus « osés » sur Monde Fantasy (comme les moyens de contraceptions à travers l’histoire, les protections hygiéniques à travers l’histoire, l’avortement, les suivis de grossesses, les accouchements… par exemple) ?
Donnez-moi vos avis dans les commentaires, je suis toute ouïe !

J’aimerais savoir s’il est possible de trouver une banque de personnages avec leur traits descriptifs physiques comme psychologiques, peut-être même avec leur petite histoire personnelle, le tout plus ou moins prêt à être utilisé dans son propre roman. Je pense surtout à des personnages de type secondaire… mais aussi est-ce une bonne idée ?

À mon sens, prendre des personnages « clé en main » pour son roman n’est pas une bonne idée, sauf dans des cas de personnages plus que secondaires ou pour des personnages précis (dans le cas où vous rencontriez un personnage d’un autre roman déjà existant ou d’un personnage historique).

Prendre des personnages « tout fait » augmente le risque de tomber dans les stéréotypes, mais aussi de se planter en utilisant un personnage qu’on n’a pas créé nous-mêmes. En effet, prendre un personnage créé par quelqu’un d’autre, c’est essayer de diriger quelqu’un qu’on ne connaît pas.

Néanmoins, rien ne nous empêche de partir d’un archétype pour créer un personnage. Dans ces cas-là, les grandes lignes de son caractère sont déjà écrites et il ne reste plus qu’à lui octroyer des caractéristiques qui feront de lui un personnage unique.

Quelques articles sur le sujet :

Toutefois, si vous avez vraiment besoin de personnages clé en main, vous pouvez toujours vous tourner vers les listes de personnages pré-tirés ou de PNJ (personnages non-joueurs) de jeux de rôle.

Lors de la correction, est-ce difficile du supprimer une scène ou un chapitre, même si c’est pour le bien du roman ?

C’est très compliqué de répondre à cette question parce que ça dépend de la sensibilité de chacun et du passage en question.

J’aimerais répondre que oui, c’est toujours facile parce que nous sommes des personnes sensées et que nous faisons tout pour que nos romans soient infaillibles, mais ce n’est pas vrai. Il y a toujours une part de subjectivité et de sensibilité qui entre en compte et c’est ce qui fait que je ne peux pas donner de réponse générale, précise et immuable à cette question.

Je ne peux répondre qu’avec mon propre vécu dont il ne faut absolument pas faire une généralité. Pour moi, parfois c’est un crève-cœur, parfois ça ne me fait ni chaud ni froid. Ça dépend vraiment du passage en question dans mon cas.
De même, on ne se rend pas toujours compte des passages à ôter et on a souvent besoin qu’une autre personne (comme un-e bêta-lecteur/lectrice) mette le doigt dessus pour qu’on réalise que l’on doit l’enlever (ou au moins le réécrire).

J’écris à la première personne, mais parfois j’ai envie de parler du point de vue d’un autre personnage que le personnage principal. Du coup, dans les tests que je fais, de temps en temps, il y a un chapitre du point de vue d’un autre personnage, est-ce une bonne idée ? Est-ce possible de changer de point de vue au milieu d’un chapitre ?

Passer d’un point de vue externe à un autre pose rarement problème, mais intervertir plusieurs fois une première et une troisième personne en général, ça pose plus de problèmes. C’est quelque chose que je déconseille parce que c’est difficile à gérer.

En revanche, ce qui est possible de faire sans trop désatabiliser les lecteurs et les lectrices, c’est de diviser le livre en deux : faire une moitié à la première personne et l’autre moitié à la troisième personne, par exemple. En général, ça passe mieux.
Ce qui passe bien aussi, c’est d’écrire un prologue (et/ou un épilogue) à une personne différente de celle de la narration. Écrire un prologue/épilogue à la troisième personne et la narration à la première fonctionne pas mal.

Toutefois, je ne dis pas que c’est interdit d’intervertir plusieurs fois 1ere et 3e personne, le tout c’est de bien différencier les deux voix et de le faire de manière régulière (rappel : régulier n’est pas un synonyme de fréquent) et distincte. Quand je dis régulière, je pense par exemple à changer de personne tous les x chapitres (comme tous les 3 chapitres) et pas de faire un coup un chapitre à la 1ere personne puis 2 chapitres à la 3e, puis 10 chapitres à 1ere, puis 1 chapitre à la 3e, etc. Quant à le faire de manière distincte, je pense notamment au fait d’annoncer le personnage-narrateur en en-tête de chapitre ou de changer de police ou encore de mettre en italique si le passage est court.

Il faut aussi que ce changement de point de vue serve l’histoire, qu’il ne soit pas simplement un « caprice d’auteur » comme on dit.

Dans mon récit actuel, j’ai deux personnages principaux d’égal importance par rapport à mon histoire. J’ai adopté l’alternance de point de vue : j’écris mon récit à la première personne mais en alternant en fonction de l’histoire du point vue de mes personnages. Quand je commence un chapitre j’écris en-dessous le nom du personnage qui sera le « je » du chapitre et j’aurai voulu savoir si vous trouvez cette manière de faire sympa ou au contraire ennuyeuse ou quelque chose comme ça.

L’alternance de point de vue est une chose courante et le fait d’indiquer le personnage central du chapitre l’est presque autant. Toutefois, simplement mentionner le nom du personnage n’est pas suffisant. Le piège avec le point de vue alternée, c’est qu’il faut réussir à différencier les tons de narration entre les personnages afin de coller au mieux avec leur caractère.

Quant à savoir si c’est sympa ou pas, ça dépend des lecteurs et ça dépend comment l’alternance est faite. Certaines personnes n’aiment pas les alternances de point de vue au même titre que certaines n’aiment pas les récits écrits au passé, d’autres n’aiment pas les récits narrés à la première personne, etc.
Donc, j’ai envie de répondre que, oui, l’alternance des points de vue à la première personne est sympa, à condition qu’elle soit bien faite, mais que, comme tout, ça ne plaira pas à tout le monde (les goûts et les couleurs, tout ça tout ça, vous connaissez l’histoire 😉 ).

Quels sont les différents points de vue que l’on peut utiliser dans l’écriture ? Peut-on changer de point de vue en cours de route ? Existe-t-il des points de vue mixtes (fusionnant plusieurs points de vue en un) ?

À la base, la personne qui m’a posé cette question parlait de procédé narratif à la place de point de vue narratif. Mais, au vu de la définition qu’elle m’en donnait, il s’agit bel et bien de point de vue et non de procédé narratif.

Je vous différencie les deux vite fait : le procédé narratif est l’ensemble des caractéristiques qui qualifie le style d’un auteur ou d’une autrice. Le procédé narratif regroupe la manière dont l’auteur écrit ses descriptions, choisit ses mots, ses figures de styles, la manière dont il écrit les dialogues, le choix du point de vue…
Le point de vue narratif ne concerne que la manière dont la narration est faite, que la focalisation du récit. Mon prof de français nous l’avait décrit comme étant « la personne qui raconte le récit et ce qu’elle parvient à percevoir. »

Les points de vue narratifs méritent un article dédié que je ferai (au fil des réponses que j’écris, je note une liste des prochains articles à écrire 😉 ).

Il existe différents types de point de vue :

  • Le point de vue omniscient (le narrateur sait tout sur tout le monde, y compris leurs ressentis)
  • Le point de vue interne (on est dans l’intériorité d’un personnage et on ne perçoit que ce qu’il perçoit aussi bien au niveau des sens que des ressentis et des émotions)
  • Le point de vue externe (le narrateur ne fait que constater les faits sans savoir ce que ressentent les personnages)

Les narrateurs omniscient et externe ne sont pas des personnages du récit, alors que le narrateur interne est toujours un personnages du récit. En général, les narrateurs omniscient et externe raconte l’histoire à la 3e personne du singulier.

Il n’existe pas de mélange de points de vue, le narrateur est soit omniscient, soit interne, soit externe. Mais il peut y avoir des variations du statut du narrateur (s’il est impliqué ou pas dans l’histoire) et du « type » de narrateur (narration objective ou subjective). Je détaillerai tout ça dans l’article dédié.

On peut changer de point de vue en cours de route, mais il faut le faire intelligemment et de façon suffisamment distincte pour ne pas perdre le lecteur. Je vous renvoie à la question précédente.

J’ai énormément de mal à trouver des noms… Comment fais-tu ? Pour le moment, je me suis basé sur des mots latins ou grecs que j’ai assemblés pour faire les pays, mais mon univers est totalement différent de la Terre, et actuellement, chaque pays à une « inspiration » (un qui est asiatique, un qui fait un peu Grèce antique, un qui fait Moyen-Âge européen, etc.) avec des noms existants correspondant à ces inspirations.

J’utilise moi-même la « méthode des inspirations » pour trouver des noms. Quand j’ai créé mon univers, j’ai rattaché chaque nation à une origine terrestre tant pour les sonorités de la langue et des noms que pour les coutumes, par exemple. Ainsi, j’ai une nation typée germanique, une typée Afrique du nord/Moyen-Orient, une typée mongole, etc. Avec ça, je cherche des noms avec Google trad et le site Behind the name en faisant une recherche par origine et/ou par signification.

Je vous conseille aussi d’aller jeter un œil à mon article 5 idées pour trouver des noms.

Je cherche des injures à utiliser dans mon roman de fantasy (ambiance médiévale).

Je conseille ces deux liens :

Et ces deux livres :

À quel rythme journalier/hebdomadaire écrire pour être efficace ?

Encore une question à laquelle je ne peux pas répondre de manière générale.

Déjà, il faut définir ce que l’on entend par « écrire ». Fait-on allusion uniquement aux moments où on s’installe devant son ordinateur/son carnet/sa machine à écrire pour rédiger le premier jet ? Ou regroupons-nous tout ce qui touche à l’écriture, de l’idée à la publication ?

Pour ce qui est de se mettre derrière son support d’écriture, je ne peux que vous conseiller d’écrire tous les jours. Même 5 minutes. C’est le secret pour ne pas perdre la main. Le pire c’est de se dire qu’on attend les vacances pour avoir le temps d’écrire et ne rien faire le reste de l’année. Or, c’est probablement la pire idée qu’on puisse avoir. L’écriture se travaille tous les jours. Même à coup de 5 minutes. Si vous ne le faites pas, vous risquez de perdre la foi en votre roman, de perdre vos idées et de ne jamais rien finir.

Pour avoir une écriture efficace, il faut être en contact avec son histoire chaque jour. Vous connaissez sûrement ce proverbe « loin des yeux, loin du cœur », avec son manuscrit c’est la même chose. Si vous ne vous penchez pas sur votre histoire au moins une fois par jour, vous la perdrez de vue et vous ne la finirez jamais.

Ce que j’entends être en contact avec son histoire, c’est surtout y penser tous les jours. Ayez constamment de quoi noter avec vous et, tous les jours, pensez (au moins) à votre récit, à vos personnages, à votre univers… et notez les idées qui vous semblent intéressantes. De même, n’hésitez pas à écrire des bouts de phrases qui vous passent par la tête, des morceaux de description… et ce même si vous êtes au boulot/à l’école.
La véritable efficacité dans notre domaine qu’est l’écriture réside dans le travail journalier, la constance et la préparation (parce que se jeter tête baissée dans la rédaction d’un roman, c’est la meilleure manière de foncer dans le mur).

En ce qui concerne les sessions d’écriture à proprement parler, je ne peux pas vous donner un horaire strict à respecter. Cela dépend de votre organisation, de votre rythme de vie, de votre vie de famille… C’est à vous et à vous seul-e-s de vous dégager des plages horaires dans votre emploi du temps pour y placer des sessions d’écriture de la durée qui vous convient (parce que l’on n’est pas tous capables d’écrire un roman durant des heures d’affilée).
Certaines personnes écrivent 30 minutes par jour, d’autres se trouvent 3 plages horaire de 2h par semaine. Pour ma part, j’écris 1h par jour du lundi au vendredi.

Je vous conseille d’ailleurs vivement l’excellent article de Lionel Davoust sur le sujet : « Touche ton manuscrit tous les jours » : vous savez, c’est si vous voulez, hein

Faut-il utiliser un vocabulaire précis, généraliste, ou l’adapter en fonction de la situation ? Voici un exemple, histoire d’y voir plus clair : Le samouraï resserra sa prise sur la tsuka de son katana, transpirant à grosses gouttes sous son shitagi. Si tout le monde ou presque voit (en gros) ce que sont un samouraï et un katana, les termes « tsuka » et « shitagi » sont moins connus du grand public. « Tsuka » peut facilement être remplacé par « poignée », on se représentera toujours de la même façon la poignée du katana, mais « shitagi » désigne un type bien particulier de vêtement. Faut-il alors sacrifier la précision à la compréhension, et parler simplement de « veste » ?

Ça dépend…

(Vous parlez d’une FAQ ! J’espère que vous aimez les réponses évasives ! 😀 )

Donc, pour en revenir à la question : choisir un vocabulaire précis, c’est parti à prendre. Certains auteurs et certaines autrices le font et l’assument en définissant les terme au début ou en mettant un lexique à la fin. Je pense, par exemple, à Estelle Faye avec ses termes romains dans sa trilogie La Voie des Oracles et Pierre Efratas avec ses termes norrois dans ses Sagas des Neuf Mondes qui définissent leur vocabulaire au fil du récit ou à Manuel Essard et Christopher Paolini (Eragon) qui mettent un lexique à la fin de leurs tomes. Même si dans le cas de Christopher Paolini, il s’agit d’un vocabulaire inventé, le principe est le même.
Je pense aussi à Hilda Alonso qui choisit d’utiliser un vocabulaire recherché, voire rare, sans l’expliquer. Mais c’est un parti pris de sa part et elle l’assume.

Comme pour tout et comme d’habitude, ça ne plaira pas à tout le monde. Il faut aussi savoir que ce type de démarche ferme presque systématiquement l’accès à un public qui n’est pas habitué à un vocabulaire qui sort du commun comme les adolescents, les personnes qui ne lisent pas beaucoup et, dans le cas des romans de SFFF, les personnes qui lisent de l’Imaginaire de manière occasionnelle.
C’est vraiment à vous de prendre la décision, de voir si vous avez envie de l’assumer ou pas.

Voilà ! J’espère que mes réponses vous aideront et n’oubliez pas de me donner votre avis (si vous en avez un) dans les commentaires sur la question de la sexualité sur Monde Fantasy ! 😉


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